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Nabeul-Bouregba : le «train de la mort»
Publié dans Le Temps le 28 - 02 - 2015

Ce sont des riverains amers et en colère qui se rassembleront aujourd'hui, entre 10 h et midi, pour former une chaine humaine et solidaire au bord du rail, au niveau du rond point « les jasmins » à Nabeul. Amers, car le train reliant la ville de Nabeul à la gare de Bir Bouregba a encore sévi il y a un peu plus d'une semaine, ôtant la vie à Feu Ali Mami, instituteur normalien à la retraite et ancien militant, très apprécié aussi bien par ses pairs que par ses élèves et réputé pour sa bienveillance, sa manière unique et ludique d'enseigner et son amour de la vie. Le 19 février dernier, « Si Ali », comme aimaient à l'appeler tous ses proches et amis, est arrivé au passage à niveau peu après 11h. Deux voitures étaient devant lui et ont pu traverser sans problème. Rassuré, le retraité s'est avancé à son tour quand il a été surpris par le train alors qu'il était au beau milieu des rails. Il a été percuté de plein fouet et sa voiture a été projetée à plus de 180 mètres du lieu de l'accident. Rien qu'en 2015, ce « train de la terreur » aura déjà enregistré deux morts, la première victime ayant perdu la vie en janvier dernier, au même endroit et pour les mêmes raisons.
Un danger omniprésent
C'est sur initiative de Sadok Zgarni que cette chaine humaine sera organisée pour protester contre la négligence des responsables et au manque de réactivité des autorités concernées et ce, malgré les nombreux cas de décès et de blessures survenus en plus de vingt ans. Depuis son lancement il y a de longues années, cette ligne compterait plus de 170 victimes, ce qui explique la colère des riverains. Impossible toutefois d'avoir les chiffres exacts. En mai dernier, un citoyen s'était même donné la mort en se jetant sous le train au point de passage d'El Kaounia. Meurtri par le décès de son beau-père, Ali Mami, M. Zgarni a lancé une pétition en ligne et un appel sur les réseaux sociaux pour tenter de rassembler un maximum de personnes adhérant à sa cause. Sur internet, il a reçu plus de 500 promesses de participation. C'est qu'à Nabeul, ce train obsède une large frange de la population en raison de la quasi-absence de mesures sécuritaires adéquates permettant de préserver la vie de ceux qui empruntent les différents passages à niveau ( Sidi Mahresi, Deux Oueds, El Kaounia...), et plus particulièrement à cause des barrières automatiques qui sont la plus part du temps hors d'usage. Malgré la récurrence de ces pannes techniques, aucun gardien n'est présent sur les lieux pour signaler le passage du train aux conducteurs et éviter les catastrophes. Autre point polémique, la vitesse excessive du train en traversant les passages à niveau qui ne permet pas à au conducteur de freiner en cas de présence d'individus ou de voitures sur les rails.
Pour que cesse le carnage !
Malgré de nombreux appels lancés par les riverains notamment via les médias, le train Bir Bouregba-Nabeul continue d'accumuler les victimes, toujours dans l'impunité totale selon les riverains endeuillés à chaque fois par la perte d'un ami, d'un voisin, d'un parent ou d'un enfant. Et c'est parce que cela doit cesser au plus tôt, qu'ils se rassembleront aujourd'hui pour faire entendre leurs voix et inciter les autorités à assumer leur responsabilité et surtout à trouver des solutions urgentes. Une ancienne responsable de la Municipalité de Nabeul affirme que durant ses deux mandats, elle n'a eu de cesse d'appeler à l'arrêt de circulation de ce train, du moins jusqu'à ce que des travaux de maintenance soient effectués et que le système de télégestion des passages à niveau soit amélioré. En vain ! Pour tous, le combat continue tant que le train qu'ils ont baptisé « train de la mort » continuera à faucher des vies humaines. Quant à la famille d'Ali Mami, elle est bien décidée à porter plainte contre la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT) et contre le conducteur du train qui a fauché leur parent, même si la loi tunisienne estime qu'en cas d'accident, la victime est seule responsable puisqu'elle n'a pas respecté la signalisation. Bien qu'une condamnation ne pourra jamais atténuer leur douleur, ses proches estiment qu'il est de leur devoir de saisir la justice pour que la mort de Ali Mami serve au moins à quelque chose et pour que cesse le carnage !


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