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Le devin n'avait pas prévu sa mort
Enigmes judiciaires
Publié dans Le Temps le 29 - 10 - 2007

"Hakim" était à la fois guérisseur et voyant. Il prédisait l'avenir et prétendait avoir également des dons surnaturels grâce auxquels il pouvait chasser les mauvais esprits, et prémunir du mauvais œil notamment tous ceux qui prétendaient être victimes d'une poisse les empêchant
sans cesse d'évoluer ou de surmonter les multiples obstacles qu'ils rencontraient.
Vêtue d'une large gandoura, il avait constamment un gros turban qu'il enroulait sur sa tête. Sa barbe blanche contrastait avec ses grosses moustaches noires bien fournies.
Sur le front et au beau milieu il avait la marque de la prière bien prononcée. Le chapelet ne quittait presque jamais sa main droite, et il ne cessait de l'égrener à longueur de journée même quand il était occupé à faire autre chose que de prier. Ce chapelet était en effet, multifonctionnel, et il l'utilisait surtout pendant les séances d'exorcisme qu'il pratiquait sur ses patients.
Hakim était réputé dans toute la ville où il habitait et où avait son office, et où il pratiquait son pouvoir surnaturel et ses dons à chasser les Djinns maléfiques.
Quant aux Djinns bénéfiques, ils pouvaient également les contacter pour leur demander de rapprocher les cœurs et agir dans l'intérêt de ses clients. Il n'avait pas quand même les mêmes pouvoir qu'avait le Prophète Soliman sur les Djinns mais il prétendait en tous cas être en étroite collaboration avec ces êtres aux voies impénétrables pour le commun des mortels.
Son voisin "Lazhari" était un riche fermier qui s'occupe surtout d'élevage d'ovins et de bovins. Il avait fondé une société de production laitière, et proposa à Hakim de venir à la ferme à ses heures perdues, et quand, il n'avait pas de Djinns à exorciser, afin de contrôler les travailleurs. Un travail de contrôleur à mi-temps.
Hakim venait pendant les après-midi à la ferme pour passer en revue les employés qui étaient occupés, à traire les vaches, ou à fabriquer le lait caillé ou le fromage blanc.
Au fil du temps il prit l'habitude de s'arrêter devant Manoubia, la secrétaire qui l'attira plus par son physique que pour sa méticulosité au travail.
Peu à peu elle se dévoila en lui apprenant qu'elle était veuve, et qu'elle vivait avec son fils mineur.
Elle était mal payée n'arrivant pas de ce fait à faire face aux multiples dépenses à laquelle elle était astreinte pour subvenir à ses besoins ainsi qu'a ceux de son rejeton.
"Hakim" qui approchait de la quarantaine ne s'était pas encore marié, et vivait seul, loin de sa famille établie au Kef et qu'il avait quitté dès sa tendre jeunesse.
Il était émerveillé par la jolie dame et finissant par s'en éprendre, il lui proposa le mariage. Celle-ci accepta sans hésiter.
Il lui demanda surtout la discrétion absolue, le temps de se préparer et fixer la date définitive du jour fatidique.
Lazhari le patron de la ferme n'était donc au courant de rien. Il faisait une confiance aveugle à Hakim et celui-ci avait droit d'entrée chez lui quand bon lui semblait et même à des heures tardives de la nuit.
Lazhari n'avait pas eu d'enfant, et il commençait à s'inquiéter étant marié depuis plus de dix ans. Il en fit part à Hakim qui lui suggéra de le consulter à son cabinet.
A la première visite, la femme de Lazhari vint consulter Hakim accompagnée de son mari. Celui-ci après une séance de spiritisme avec les Djinns. Conclut devant le mari stupéfait, que cette dame était possédée par un démon.
"Il faut des séances d'exorcisme" dit-il à Lazhari, avec un air sérieux, égrenant sans cesse son grand chapelet.
Ajoutant qu'il fallait pour les dix séances acheter des ingrédients magiques et de l'encens importé d'Asie.
Il lui demanda pour les frais la somme totale de dix mille dinars. Lazhari ne rechignant même pas pour tout l'or du monde, lui donna à titre d'avance la somme de cinq mille dinars à valoir sur le reste. Mais au bout de la quatrième séance la dame quitta le cabinet de Hakim dans tous ses états pour aller trouver son mari sur les lieux de son travail.
Elle était affolée, et dès qu'elle franchit le seuil de la ferme, elle trouva la secrétaire et s'effondra en fondant en larmes.
"Que se passe-t-il ?"lui dit celle-ci
"Hakim est un imposteur. Il a pris l'argent de mon mari et a abusé de moi.
Il l'a fait dès la première séance. Mais je croyais qu'il allait sérieusement chasser le démon qui m'habite.
Mais il n'en fut rien. Car il m'a avoué à la quatrième séance qu'il était épris de moi et voulait même que je divorce, pour l'épouser.
Je ne m'étais pas encore dévêtue, et trompant attention, je suis sortie en courant. Il essaya de me rattraper, sans succès".
"Ah le salaud" rétorqua la secrétaire. "Je vais aller de ce pas lui dire deux mots. Il verra de quel bois je me chauffe !".
La secrétaire affolée quitta la ferme en courant pour aller voir Hakim.
En arrivant devant son office, elle trouva la porte entr'ouverte. Dès qu'elle entra elle vit avec stupeur Hakim gisant par terre dans une mare de sang. Il portait une profonde blessure au dos et était déjà passé de vie à trépas.
Apeurée et troublée elle quitta les lieux et se dirigea dare dare vers le poste de police le plus proche.
Les agents des forces de l'ordre se dépêchèrent sur les lieux pour dresser les constats nécessaires et en informer le juge d'instruction.
Celui-ci se déplaçant sur place ordonna une enquête ainsi qu'une autopsie sur le cadavre. Le coffre dans le bureau de Hakim était ouvert et vide. Ce qui veut dire qu'il y a eu certainement un vol.
Mais était-ce le vrai mobile du crime ?
Manoubia la secrétaire ainsi que Lazhari et sa femme furent impliqués. Il n'y a avait pas de preuves suffisantes de nature à établir la culpabilité de tous ceux qui avaient été impliqués dans ce meurtre de manière tangible et indubitable.
Lazhari était ce jour là en déplacement à la capitale.
Sa femme, soutint qu'elle avait quitté les lieux à seize heures, alors que le meurtre se produisit d'après l'autopsie à dix sept heures.
La secrétaire quant à elle, elle était encore à cette heure à son bureau, avec la femme de Lazhari venue lui raconter sa mésaventure.
L'affaire se compliqua encore plus par la disparition de l'arme du crime.
Les empreintes relevées sur les lieux ne pouvaient révéler grand chose, pour laisser le mystère à jamais entier.


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