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Bghouri, le dernier des Mohicans
Publié dans Le Temps le 13 - 01 - 2016

Le premier artisanat, du début du XIX, à s'être ouvert, systématiquement, à la figuration fut la peinture sous verre.La peinture sous-verre a été introduite en Tunisie par les Turcs. Elle était pratiquée cependant dans plusieurs centres européens en Europe centrale. L'origine turque se manifeste dans les compositions calligraphiques de style "Toghra" et "Thuluth". Quand elles sont des compositions "abstraites", les peintures sous-verre reprennent les principes de la décoration traditionnelle de l'arabesque florale ou géométrique et calligraphique, alors que les motifs floraux sont déjà italianisants.
Les autres peintures sous-verre "figuratives" représentent les principes d'organisation de l'espace pictural figuratif arabo-musulman de la miniature, de l'école de Baghdâd, de la miniature d'Alwassiti. Ses principes consistent dans la planitude de la composition, l'inexistence des procédés clair-obscurs , la frontalité picturale, l'absence de la perspective, la persistance de la domination du travail, de la ligne, la pureté des couleurs, et la répartition de l'espace, verticalement en deux plans. La peinture sous-verre figurative du 19et 20 èmes siècles était populaire par ses thèmes, inspirés de l'imagerie épique et de contenus narratifs dramatiques. Son répertoire exprime la dimension religieuse, légendaire, mythologique et historique du pays. Phénomène relativement récent, la pratique de la peinture sous-verre a conquis, en quelques années après l'indépendance le statut d'un art capable d'exprimer une nouvelle vision culturelle populaire. Le thème de choix est l'image figurant le buraq, créature ailée appartenant à la mythologie musulmane, au corps d'un cheval et à la tête d'une femme, la monture du Prophète dans son ascension aux cieux. Des membres de la famille du Prophète, Ali et ses fils sont eux aussi présents dans les représentations sous-verre. On y trouve de même des Saints tels que Sidi Ahmed Ben Aissa et Sidi Abdelkader Jilani.
A la fin du XIX siècle à Sfax, un peintre artisan Mahmoud Feriani, le seul artisan à avoir signé ses peintures sous-verre et à avoir représenté des scènes légendaires tirées des épisodes de la conquête arabe de l'Ifriquia, Abdallah Ibn Jaafer le héros porte sur son cheval noir, en croupe, la fille du gouverneur byzantin, laquelle est tombée amoureuse de son ravisseur. Mahmoud Feriani qui a développé un style personnel a fait école. Plusieurs artisans vont l'imiter et proposer leurs "œuvres" dans les souks populaires, mais aussi dans les boutiques de luxe... Les contes épiques d'Antar et Abla, de Zazia Hilalia, ont rempli l'espace des peintures sous-verre. C'est le début d'un nouveau registre qui célèbre des chefs-d'œuvre de la littérature classique et populaire. Les motifs de l'intemporel et du mythique dominent cependant le répertoire de la peinture sous-verre de la première moitié du 20 ème siècle. La politique mythifiée comme la reprise picturale d'Atatürk est devenue une figure populaire exprimant le réveil du monde musulman. En se faisant le porte-parole de la conscience collective populaire l'artisan sous-verre est parvenu à intégrer l'art de la représentation figurée dans la tradition.
Le répertoire iconographique du 19ème , du 20ème et même d'aujourd'hui semble être d'origine diverse (arabesque , calligraphie ottomane et magrébine, éléments décoratifs musulmans et italianisants, figurations hagiographiques chrétiennes (Saint Georges terrassant du Dragon) prouve que l'art figuratif n'est plus réellement interdit ni pour les musulmans ni pour les juifs livournais. L'acquisition nouvelle de la figuration est devenue populaire et s'est enracinée définitivement.
Mahmoud Feriani a fait école. Des centaines d'artisans du sous-verre peint ont essaimé partout dans les souks des grandes villes. Certains ont constitué des entreprises de production regroupant des dizaines d'artisanes pour réaliser tout ce qui est proposé dans la médina. Avec la perte d'importance de la pratique de sous-verre dans la médina, beaucoup d'artistes ont cessé de travailler dans ce secteur. Il reste cependant un seul atelier de sous-verre artistique qui continue à pratiquer cet art. Le dernier carré de sous- verre artistique est situé à la lisière de la médina du côté de la rue d'Espagne et est celui de l'artiste Bghouri . L'atelier est installé dans un immeuble vétuste avec des escaliers dangereux à escalader. J'invite tous les amoureux de l'art de sous –verre à aller visiter cet atelier tout en faisant attention à la marche. L'atelier de Bghouri mérite réellement d'être visité. L'artiste exécute encore quelques commandes de calligraphie, d'enluminures de quelques sous –verres figuratifs, œuvres qui lui permettent de survivre. N'hésitez pas à prendre rendez-vous avec Bghouri à Beb Bahar en passant d'abord par le café de Paris où il vient très fréquemment prendre son café.
Le souci majeur de l'artiste est de préserver la pratique de cet art. Bghouri a, certes, eu son heure de gloire, encore faut-il que cette gloire ne verse dans l'éphémère et qu'elle ne soit le chant de Cygne d'un art majeur de notre patrimoine national.


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