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« La corruption est devenue le quotidien du Tunisien, une humiliation subie à tous les niveaux »
Publié dans Le Temps le 29 - 05 - 2016

Willis FromTunis est de loin le chat tunisien le plus connu de la planète. Fin connaisseur de l'actualité du pays, Willis FromTunis nous a habitués à ses mises en scène, directement inspirées de ce qui se passe en Tunisie, insolites et originales. Pour notre rubrique hebdomadaire de dimanche, la dessinatrice Nadia Khiari nous a reçus en vue de traiter de plusieurs thèmes variés.
Nadia Khiari, dessinatrice, peintre, professeur des beaux arts ainsi que directrice d'une galerie d'art à Tunis, a remporté plusieurs prix dont le prix 2014 pour la section «satire politique sur des dessins satiriques» à Forte Dei Marmi (Italie). Son dernier livre en date ‘Manuel du parfait dictateur' connaît encore un franc succès. Retour sur l'actualité, l'échiquier politico-social et bien d'autres dossiers avec le célèbre Willis FromTunis !
-Le Temps: Dernièrement, vous avez participé à une manifestation intitulée ‘Chouftouhonna', pouvez-vous nous résumer l'objet de l'événement ?
Nadia Khiari:C'est un événement organisé par l'association ‘Chouf' qui défend les minorités. L'année dernière, l'association a organisé la première édition de ce festival féminin et féministe. Je n'avais pas pu participer à la première édition de ce festival à cause de mes engagements, toutefois, je leur avais envoyé quelques dessins.
Cette année, j'y ai participé en tant que membre du jury avec quatre autres personnes. C'était dense comme événement : il y avait des films, des court-métrages, des documentaires, de l'art plastique, des photos, des performances, de la musique etc. J'ai assisté à tout et c'était vraiment génial.
Il y a avait des œuvres d'amateurs, d'autres professionnelles ce qui nous a amené à mettre en place des prix spéciaux jury pour ne pas évaluer tout le monde de la même manière.
J'ai eu un coup de cœur pour un film documentaire chinois qui s'appelle ‘The VaChina monologues' de Popo Fan. Ce sont des groupes d'étudiantes en Chine qui ont repris les monologues du vagin. Elles ont commencé le travail au sein de leur faculté et, par la suite, ça s'est propagé un peu partout. Le but était de parler de femme et de sexe féminin.
Le film, qui a gagné, c'est un film documentaire franco-algérien qui parle du tassfih : une méthode moyenâgeuse qui existe encore en Tunisie et qui consiste à protéger la virginité de la femme ou de la verrouiller.
Dans les témoignages rassemblés dans le film, on voyait une veille dame dire ‘je le ferai à ma petite-fille même si ses parents s'y opposent et son père compte la protéger en lui mettant le voile'. Le plus déprimant dans tout cela c'est que les seules femmes qui arrivent à se préserver de toutes ces superstitions ce sont celles qui réussissent à aller s'installer en Italie.
C'est seulement celles qui arrivent à se marier avec un Italien qui reprennent possession de leur corps. Toutes les œuvres présentées dans le cadre de ce festival tournent autour de la femme et de ses conditions.
-Et qu'en est-il des conditions des minorités en Tunisie ? Comment évaluez-vous la situation actuelle en Tunisie de la deuxième République ?
La Constitution est de la théorie, la réalité est tout autre. Les mentalités n'ont pas changé : l'homophobie ou le racisme ne sont pas nouveaux en Tunisie. La différence c'est qu'aujourd'hui, on en parle après avoir levé les tabous.
Je trouve cela positif : le premier pas c'est d'en parler publiquement : avant, on était dans le déni total. A partir du moment où l'on verbalise tout cela, l'homosexualité n'est plus taboue. Il est logique après que les personnes souhaitent se positionner par rapport aux sujets en donnant leurs avis, cela fait partie du processus de la levée du tabou. C'est une première étape, on avance.
Après, la question c'est quelle politique qui aura assez de courage pour faire changer les choses en parlant ouvertement et de prendre des positions claires. Jusqu'à présent, en partant du président qui dit que la loi ne va pas changer, je ne vois rien. J'attends de voir qui aura le courage de dire que l'article 230 doit être aboli.
-La peine capitale est un sujet qui a repris le cœur des débats dans le pays suite à l'assassinat du jeune Yassine. Quelle est votre position par rapport à cela ?
Je me suis déjà exprimée sur ce sujet à travers mes dessins : pour moi, la barbarie ne peut pas être résolue grâce au meurtre. On ne devrait plus être en train de débattre de la peine capitale en 2016 ! Tous les crimes sont atroces mais aucun d'entre eux ne peut être résolu à l'aide d'un meurtre.
-Les artistes tunisiens ont fait l'objet de plusieurs agressions – les événements du Théâtre municipale ou encore les incidents du palais d'Al Abdellia – au lendemain de la révolution. Est-ce que cela s'est arrangé ?
A l'époque, le pays n'allait pas bien du tout et il fallait qu'il y ait quelque chose qui puisse détourner les regards de tout le monde : les artistes ont été instrumentalisés dans ce sens-là. Nous l'avons très mal vécu puisque nous étions pris entre deux feux : d'un côté, les troupes commanditées venues détruire les œuvres et agresser les artistes, de l'autre, le gouvernement, et plus précisément le ministre de l'Intérieur de l'époque qui avait porté plainte.
A noter que la commission d'achat du ministère de la Culture était passée pendant le printemps des arts et avait acheté des œuvres qui étaient incriminées ! Ils se sont bien rétractés bien-sûr après la plainte du ministre, c'était du grand n'importe quoi ! Cet incident a été utilisé comme bouc émissaire : à l'époque c'était les artistes, par la suite, c'était les universitaires, demain ça peut très bien être les journalistes, les femmes etc. Au lieu de parler du vrai problème du pays qui est la misère, on ne fait que chercher des boucs émissaires.
-Donc, vous seriez d'accord avec ceux qui disent que toutes ces polémiques sur l'égalité de l'héritage, l'homosexualité et autres sont lancées par les politiques afin de détourner l'opinion publique ?
Les vrais problèmes du pays c'est le chômage et la pauvreté, c'est une évidence. Toutefois, cela n'annule pas l'importance des autres sujets : aujourd'hui, un homosexuel peut aller en prison, on ne peut pas dire qu'il s'agit d'un problème mineur.
De toute manière, quand on parle de ce genre de sujets, cela créé le buzz pendant une petite semaine pour aller, par la suite, vers une autre polémique etc. C'est un peu la société du spectacle politique.
Personnellement, je suis tous ces débats sociaux si vous voulez mais, parallèlement, je suis à la lettre ce qui se passe au sein du Parlement à travers Al Bawssala. Je n'oublie pas ce qui se passe sur la scène politique juste parce que je m'intéresse à ce qui se passe au niveau social et je pense que je ne suis pas la seule à fonctionner de la sorte. Il y a la vie de tous les jours et il y a ce qui se passe au sein du gouvernement et de l'Assemblée. En tant que citoyenne, j'aime bien savoir à quelle sauce je vais être bouffée.
-La liberté d'expression est considérée comme étant le seul acquis que le peuple à réussi à décrocher au lendemain de la Révolution. Aujourd'hui, cet acquis est plus menacé par la censure morale que par celle politique. Qu'en pensez-vous ?
La censure ne vient pas forcément de la part des politiques ou de celle des intégristes. On est un peuple assez conservateur, toutes classes sociales confondues. Il existe une manière de voir les choses qui est assez conservatrice. Chacun a ses limites qu'on ne peut pas dépasser. Donc, si on prend comme repères ces limites-là, on ne peut aller nulle part.
-En tant que dessinatrice, vous ne vous êtes jamais retrouvée dans une situation où vous avez dû vous autocensurer ?
J'essaie d'être efficace dans mes dessins. Je dessine pour passer des messages de la façon la plus intelligente possible même si je dis assez de bêtises. Comment faire passer un message qui peut être délicat d'une façon fine et subtile ? C'est de la sorte que l'on peut être sûr que le message passe. On n'a pas besoin d'aller vers la provocation pour y arriver. Je veux dire qu'il est très facile d'aller vers le provocateur et le grossier.
De toute manière, la plus grande censure reste celle liée à l'argent : on ne peut pas produire quand on n'a pas d'argent ! Je prends l'exemple des journaux : quand on écrit un article qui déplaît aux sponsors ou à l'un des actionnaires, on peut très bien se retrouver au chômage ! Cette censure existe et pas qu'en Tunisie.
Pour ma part, j'ai la chance inouïe avec le journal avec lequel je travail ‘Siné Mensuel', d'avoir carte blanche, je fais ce que je veux. Avec ‘Le courrier international', je leur envoie un bouquet de dessins et ils choisissent ce qu'ils veulent. J'ai aussi la chance d'avoir un travail et, du coup, je ne dépends pas de mes dessins, ça me laisse une bonne marge de liberté.
-Vous avez parlé de l'intérêt que vous portez à l'égard des travaux de l'ARP. Récemment, l'un des députés a dit, clairement, qu'il préfère aller prendre un café plutôt que de rester à écouter ses collègues parler pendant des heures au Parlement. Qu'en pensez-vous ?
Enfin quelqu'un de sincère ! Je pense que les personnes qui ont voté pour ces députés doivent aller gueulee devant l'Assemblée ! Moi, je ne peux pas le faire parce que je ne suis représentée par aucun d'entre eux. Ceci dit, chaque député doit répondre devant ceux qui ont voté pour lui et puis c'est tout. Je suis tous les jours et je vois que le quorum n'est jamais atteint à l'heure où les séances doivent débuter. Cela me désole énormément.
C'est l'avenir de tout le pays qui en dépend ! La lenteur, l'absentéisme, le retard, les députés qui votent à la place de leurs collègues, tout cela est désolant. Comment voulez-vous que les Tunisiens se comportent comme des citoyens responsables si ceux qui les gouvernent adoptent un tel comportement ?
-Si on a bien compris, vous n'avez pas participé aux dernières élections ?
Si si, mais je n'ai pas été représentée ! J'ai eu tellement d'actes manqués lors des dernières élections. Je crois que cela représentait mon envie d'y aller !
-Et pour les élections municipales ?
Les municipales sont d'une extrême importance. On est vraiment dans la démocratie de proximité. En tant que citoyens, il faut insister et oui je compte aller voter.
-Est-ce qu'on verra Wills FromTunis faire une petite campagne dans ce sens ?
Non. Je l'ai fait une fois, c'était en 2011, lorsque j'y croyais encore. Aujourd'hui, je laisse les gens faire ce qu'ils veulent ! Dans la vie de tous les jours, on constate que le régime tel qu'il a été instauré par la dictature, continue à exister. Je parle, entre autres, de la corruption qui est installée aujourd'hui à tous les niveaux.
Rien qu'hier, j'ai eu le droit à trois anecdotes : deux amis retraités qui viennent s'installer en Tunisie, ont dû, pour faire sortir leur conteneur de la douane, dépenser des sommes énormes. Rien que pour ouvrir le conteneur, le responsable qui détenait la pince a demandé la somme de cinquante dinars. Ils ont donné 50 dinars par ci 100 dinars par là rien qu'à la douane. C'est honteux !
Un autre ami dessinateur est venu de Belgique pour travailler. Arrivé à l'aéroport, il a dû dépenser 80 dinars pour arriver à la banlieue : le conducteur du taxi n'a rien voulu entendre ! Une autre personne a pris sa voiture pour la visite technique. Une fois sur place, on lui demande d'aller changer quelques pièces. Une fois l'entretien fait, elle revient pour la visite et le responsable lui demande de lui glisser des billets dans le cendrier pour avoir le certificat en question...
Et encore, c'est juste de petites anecdotes que j'entends tous les jours ! C'est devenu le quotidien du Tunisien, c'est une humiliation qu'on subit à tous les niveaux.
-Pour rester dans le même contexte, le président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption a assuré que la corruption touche désormais des domaines vitaux de la vie du Tunisien. Pensez-vous qu'on est sur la voie d'un Etat mafieux ?
On y est déjà ! C'est un état généralisé. Il suffit de voir les marchés parallèles. Avant, on avait une seule grande mafia qui était au pouvoir et qui laissait les autres voler un peu partout, aujourd'hui, la mafia est partout. Malheureusement, aujourd'hui, la mafia est partout, même au niveau de l'Administration.
C'est une bonne chose qu'une instance pareille existe, au moins on a un recours pour contrer toute cette corruption. C'est une mentalité gravissime. Si tout le monde refusait de glisser des billets, on s'en sortirait un peu mieux que cela.
-On parle désormais de la lutte culturelle contre le terrorisme et la corruption. Qu'en pensez-vous ?
Il faut aller sur le terrain, vers les quartiers difficiles, rencontrer les gamins, faire des ateliers pour les booster. A mon tout petit niveau, je suis dans le partage via les ateliers de dessins.
Il y a une maison de culture dans le quartier de Sidi Hassine, nous y sommes allés pour faire des graffitis. Au début, c'était assez difficile, mais, une fois le rapport de confiance établi, les jeunes étaient complètement investis avec nous et c'était magnifique.
Si on ne propose pas d'alternatives aux jeunes, ils restent entre les mains des pensées moyenâgeuses. Es responsables de Cinevog m'ont contacté pour faire des ateliers sur les droits de l'Homme, j'ai demandé à ce qu'on aille vers la Marsa etc parce qu'on prêchera des convaincus. Du coup, on est allé vers le Kram.
J'ai pris de la peinture et j'ai commencé à peindre sur un mur devant une école. A leur sortie, les gamins sont venus comprendre ce que l'on faisait avec une curiosité impressionnante. C'est là qu'on leur a expliqué que, le lendemain, il y aura des ateliers et tout. Et ben, le lendemain, ils étaient tous présents et ont ramené des copains, les parents etc.
Ma seule frustration, c'est que j'avais beaucoup de travail et que je ne pouvais pas le faire tous les jours ! Il faut aller vers les endroits où les personnes n'ont pas toujours la possibilité de vivre pleinement la culture.
-Willis FromTunis est devenu une star mondiale. Comment est-il né ?
Il est né le soir du 13 janvier 2011 après le fameux discours de ‘je vous ai compris'. D'habitude, les discours de Ben Ali me faisaient dormir. Ce soir-là, il s'est mis à parler en dialectal et, pour la première fois, il y a mis du cœur ! Je l'ai écouté mais je n'ai pas cru une seule seconde en ses promesses. Il nous prenait pour des cons !
Ce qui m'avait le plus provoquée c'était les images diffusées des personnes qui ‘fêtaient' le discours le soir même dans les voitures de location. Je me suis dite, mais c'est quoi cette mise en scène grotesque ? Tout ce qu'il avait dit dans le discours était tombé à l'eau à cause de ces scènes.
En plus, on était enfermés à cause du couvre-feu et les autres étaient en train de fêter tranquillement dans les rues ! C'est là qu'est né Willis. C'était ma manière de dénoncer. J'ai sorti mon premier livre trois mois après le discours en question.
-Donc vous n'imaginiez pas que Willis FromTunis allait devenir ce qu'il est devenu aujourd'hui.
Non ! C'était pour ma mère, mon frère et quelques copains. On était tous enfermés devant nos écrans et super-énervés. J'avais juste envie de les faire rire. J'aime bien faire rire les personnes que j'aime. Après, les dimensions que cela a prises m'ont complètement dépassée !
D'ailleurs, je n'y pensais même pas parce que sinon, je n'aurais pas pu continuer. Aujourd'hui encore, j'essaie de continuer avec la même spontanéité : je balance les dessins comme je les balançais, au tout début, à ma mère et à mes copains.
-Après la publication de votre dernier livre ‘Manuel du parfait dictateur', quels sont vos futurs projets ?
Je n'ai jamais rien calculé quand cela a commencé et je continue dans le même élan. Je vis au jour le jour, je rencontre des personnes qui me donnent envie de faire des choses et puis c'est tout. J'ai, avant tout, envie de m'amuser ; si je ne m'amuse plus, j'arrêterai tout.
Toutefois, j'ai envie de sortir un autre bouquin pour la prochaine rentrée. J'adore dessiner et le prochain livre sera probablement dédié au sexisme, et non pas machisme, un peu partout dans le monde. Je veux me pencher sur la question de l'homme et de la femme et voir un peu ce qui cloche.


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