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Veut-on servir ou se servir ?
Publié dans Le Temps le 23 - 10 - 2016

La bataille de l'impôt qui fait rage et qui est marquée par la résistance farouche des professions libérales, avocats, médecins, petits métiers personnalisés, montre à quel point la société tunisienne est traumatisée et de plus en plus méfiante vis-à-vis de la décision politique !
Une des causes de ce traumatisme c'est que les gouvernements successifs depuis la «Révolution», n'ont pas fait la politique de leurs moyens.
Après la pagaille « troïkiste » et la diabolisation de l'ancien régime, dans son ensemble, y compris l'administration, qui a toujours veillé au grain, malgré les humeurs des « despotes » et de leurs entourages, l'Etat a été assimilé à un simple « outil » de promotion économique et sociale qui fait et défait les « fortunes » et permet cette translation ou plutôt, cette transhumance de la richesse d'une caste à une autre, avec l'émergence de ces nouveaux « Boss » en 4x4 rutilantes, noir vitrées et roulant en bolides au nez des gardes nationaux, de plus en plus impuissants et indifférents ! L'intérêt général qui est la base même de l'éthique de gouvernement, a été décapité par la recherche systématique du « profit » à travers la maîtrise de la chose publique et de l'acte de gouverner par les nouveaux « arrivants » à l'appétit aiguisé et qui rêvent non pas de l'honneur de la charge étatique et politique, conditionné par l'acte de « servir » et non de se servir, mais par une course effrénée vers la « fortune » !
Ceci est lié au subconscient incrusté, il est vrai, depuis la dictature qui en assume une très grande responsabilité dans le comportement collectif des Tunisiens et qui se résume un peu, à la Guizot, en ceci : « Enrichissez-vous et faites fortune au plus vite... C'est la seule chose qui dure et qui se transmet après la perte des pouvoirs » ! Je précise, que j'ai bien dit les « pouvoirs », au pluriel, car il ne s'agit pas seulement de ceux qui gouvernent, mais de tous les pouvoirs périphériques, dans toutes les structures menant à des décisions ou mesures qui favorisent la « croissance » des patrimoines privés... tous confondus !
Partant de là, la rébellion contre l'Etat et ces menaces de « désobéissance fiscale », ne peuvent s'inscrire que dans ce contexte, et ce sentiment que l'Etat n'est plus porteur et serviteur de la « vertu » mais de lobbys d'intérêts. D'où cette quête de la « part d'Etat » qu'on décèle à travers le comportement des partis, des syndicats, des milliers d'associations de la société civile, etc... Par ailleurs, la prolifération des Instances de lutte contre la « corruption » et les déclarations publiques des responsables sur l'extension dramatique de la « corruption », avant, et surtout, après la Révolution, ne font que pousser les citoyens « ordinaires » (et ils sont devenus bien rares depuis l'accès à la démocratie... de toutes les dérives) à la rébellion contre les actes de gouvernement et les lois elles-mêmes.
Pour revenir à la « politique des moyens », il apparaît bien net que la démarche suivie par le gouvernement est irréaliste à vouloir, sous la pression constante des syndicats, principalement, et de quelques « watchistes » professionnels, prendre tous les taureaux par les cornes, en même temps ! On ne peut pas tout réformer d'un coup, surtout en matière fiscale.
L'inévitable « florentin » Nicolas Machiavel, nous a mis en garde en recommandant à son prince Laurent de Médicis, de « ne pas changer les impôts de pays conquis » ! Or, l'acte de gouvernement est de plus en plus perçu comme un acte de « conquête interne » aux sociétés humaines.
Partout, dans le monde, la prise du pouvoir s'accompagne de mesures et directives de gouvernement conformément aux « promesses » et programmes électoraux. On n'est pas loin de la conquête « externe » du temps de Machiavel !
Le « pragmatisme » demeure la seule solution du salut public, quand les valeurs de l'Etat et de la société subissent autant de traumatismes en si peu de temps et mettent en doute l'éthique même de l'acte de gouvernement.
Pour ma part, je suis tenté de dire à notre jeune Chef du Gouvernement, courageux et intègre : « Allez y molo molo, Monsieur le Premier ministre », et faites comme feu Hédi Nouira, votre grand prédécesseur, en procédant à la « chirurgie » douceur, sous anesthésie locale, dans tous les domaines... Et surtout, ne vous mettez pas à dos le bon peuple pour satisfaire les revendications irréalistes de ceux qui veulent mettre à genoux la puissance publique et l'économie du pays !
Trop de vertu... tue la Vertu !
K.G


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