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Friperie : un secteur en danger et dangereux L'anarchie ne doit pas durer
Publié dans L'expert le 06 - 01 - 2021

Il est le refuge d'une majorité de pauvres tunisiens, il est le soutien incontournable du pouvoir d'achat des citoyens, il est un secteur d'une grande employabilité, il a un poid économique important, il est un véhicule important pour les grandes marques d'habillement.....on parle du secteur de la friperie. Un secteur qui s'impose en cette période de crise économique, comme une soupape sociale. C'est aussi un secteur qui a été pendant longtemps, sciemment, mal organisé et en danger ; mais surtout c'est un secteur dangereux car il menace toute une industrie locale.

Une soupape sociale :
Les friperies sont une vraie soupape sociale à tous les niveaux. Le secteur de la fripe emploi près de 309 grossistes et plus de 3200 détaillants, et fait vivre des dizaines de milliers de familles, de catégorie sociale défavorisée. C'est aussi un échappatoire pour les familles tunisiennes face à chereté de la vie et les prix exorbitants de l'habillement. Selon des études sérieuses, plus de 95% des tunisiens se sont au moins une fois fait des achats dans les marchés de la fripe. Plus de 60% avouent qu'il visitent les fripes au moins une fois par mois. Avec l'expansion des marchés de la friperie, la gamme de l'offre s'est nettement diversifiée, avec des vêtements, des chaussures, des jouets, des accessoires de mode, des ustensils de cuisine, des objets de décoration. Même les gens les plus aisés ont recours aux friperies pour compléter leurs gammes avec des grandes marques de vêtements.
On assiste depuis quelques mois et avec l'appauvrissement continue des familles tunisiennes, suite à la crise et la pandémie, à une affluence sans précédent aux marchés de la friperie. La superficie occupée par ces marchés spécialisés n'a pas cessé d'augmenter. Il faut aller voir du côté d'El Hafsia, ou de la Cité El Khadra, ou de Bab Sidi Abdesslem, de la cité Khaznadar, de Bab El Fella, d'Ezzahra, ou à chaque souk hebdomadaire.
Dans une évolution récente, les friperies se sont même moderniées, en développant des sites de vente en ligne. Durant le mois de Mars dernier, une startup, Fripup , a été même constituée par des jeunes tunisiens, travaillant dans le secteur.
Un secteur en danger :
Ce sont près de 80.000 tonnes de fripes importées chaque années par les sociétés tunisiennes, principalement de France et de l'Italie.Le secteur réalise aussi près de 60 millions de dinars d'exportation chaque année. Ce sont surtout des produits transformés, destinés vers les pays africains, ou des produits qui sont destinés vers les industries locales.
C'est l'un des rares secteurs qui est règlementés par plusieurs départements ministériels à la fois. En effet, le secteur est régi par le ministère du Commerce, le ministère de l'Industrie, le ministère des finances à travers la Douane, mais aussi par le ministère du Développement Local à travers les gouverneurs. Même avec la création d'une commission interminitérielle pour organiser le secteur, le jeu de « lancement de balles » entre les différents départements est monnaie courante. A chaque problème, on se jette la responsabilité.
Les sociétés importatrices de friperies sont soumis au régime d'entrepôt sous douane selon les articles de 201 à 205 du Code des douanes. Le secteur de la friperie, est fortement taxé à l'importation avec une taxe atteignant près de 50%.
Le decret 2005-2038 du 18 Juillet 2005, a modifié le decret de 1995, en intégrant des mesures nouvelles pour encadrer l'importation de la friperie et l'activité des sociétés importatrice. Il impose aux sociétés d'exporter au moins 30% des quantités importées et la transformation d'au moins 20% de ces mêmes quantités. L'article 11 du même décret interdit la commercialisation des chaussures, des espadrilles, des jouets et couvre chefs, et impose leur destruction ou leur réexportation.
Sur le plan de l'activité des grossites, le décret interdit le transport des marchandises entre les gouvernorat. La quote part étant distribuée par governorat. Les détaillants, ayant obtenu une autorisation du gouverneur de la région, sont alors obligés de commercialiser la quantité sur le marché régional, ce qui a pénalisé le secteur. Comment commercialiser des manteaux, ou des bottes, dans les gouvernorats du sud, ou il fait constamment chaud. Cette interdiction pénalise plusieurs grossites et détaillants, qui sont obligés de commercialiser les quantités achetés sur le marché régional, quelque soit sa nature et jusqu'à épuisement du stock, même s'il y a des opportunités et des marchés dans les régions limitrophes.
Le 22 Novembre 2019 la douane, et sous la pression des producteurs de chaussures, et en apllication de la règlementation en vigueur, avait plublié un circulaire qui interdit le tri des chaussures usagées dans les unités d'importation et d'exportation et de recyclage des vêtements usagés, le considérant comme délit et le détournement d'une marchandise soumise à une restriction dans le cadre de la restriction douanière. Et pourtant on retrouve encore des étalages importants de chaussures dans les marchés, et à des prix qui ne cessent d'augmenter, mais demeurent moins chère que ceux importés ou locales.

Un secteur dangereux :
Le secteur de la friperie est considéré par plusieurs acteurs économiques, comme un secteur dangereux. En effet, beaucoup de dérives sont enregistrées, surtout au niveau des quotas et des quantités exportées, ou transformées. Certains professionnels du secteur ont même été mis en prison pour des crimes douaniers, ou de blanchiement d'argent à travers les sociétés d'importations et de transformation de fripes.
C'est aussi un secteur qui menace l'industrie locale et a causé des dégâts importants pour plusieurs entreprises.
Selon la législation en vigueur,la commercialisation de la fripe ne doit pas dépasser plus de 12% de la consommation locale. Or ce niveau est largement dépassé, sans même avoir recours aux statistiques.
Le secteur des chaussures et du cuir est l'un des secteurs victimes de la fripe. En effet, près de 80% de la demande locale est assurée à partir de l'importation, dont 65% proviennent des importations illégales et la commercialisation des chaussures de fripe. Cette situation, combinée à la pandémie, a causé la perte de plus de 5 mille emplois dans l'industrie du cuir et de la chaussure depuis mars 2020, selon le centre technique des cuirs et chaussures.
Le secteur a un important potentiel exportateur qu'il faut promouvoir, et une fonction sociale qu'il faut préserver à travers le maintien de l'emploi. Mais c'est aussi un secteur qui menace toute une économie nationale, qu'il fallait préserver. Le gouvernement doit impérativement intervenir, afin de mieux règlementer le secteur, et préserver les équilibres économiques et sociaux du pays. L'anarchie ne doit pas durer.


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