L'économie allemande a connu un rebond inattendu au premier trimestre de 2025, suscitant des interrogations sur les véritables moteurs de cette amélioration dans un contexte économique encore incertain. Selon une seconde estimation publiée ce vendredi, le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne a progressé de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, soit le double des prévisions initiales qui tablaient sur une hausse de 0,2 %. Il s'agit de la plus forte croissance enregistrée depuis le troisième trimestre de 2022, où l'économie avait crû de 0,6 %. D'après Ruth Brand, présidente de l'Office fédéral de la statistique, cette dynamique s'explique notamment par de bonnes performances au mois de mars, avec des exportations et une production industrielle plus robustes qu'attendu. Les exportations ont ainsi bondi de 3,2 %, portées par une accélération des commandes américaines en amont de l'instauration de nouveaux droits de douane annoncés par l'administration Trump dans le cadre du « jour de la libération », en avril. La consommation des ménages a également joué un rôle moteur, affichant une hausse de 0,5 %, une performance supérieure à celle des trimestres précédents. En revanche, les dépenses publiques ont reculé de 0,3 %, en raison d'un budget provisoire. Malgré ces résultats positifs, plusieurs analystes appellent à la prudence. Le contexte mondial demeure instable, et l'Allemagne – puissance fortement tournée vers l'export – reste vulnérable aux politiques protectionnistes, notamment celles des Etats-Unis. Si des droits de douane plus élevés ont été suspendus pour certains partenaires afin de laisser place à des négociations, une taxe générale de 10 % continue de s'appliquer sur les importations de biens, y compris en provenance de l'Union européenne. La publication des chiffres a provoqué une hausse de 0,5 % à la Bourse de Francfort, signe d'un regain de confiance, même mesuré, envers la locomotive économique de la zone euro, qui avait souffert ces deux dernières années du ralentissement de l'industrie manufacturière et de la baisse de la demande mondiale. En 2024, les Etats-Unis étaient le premier partenaire commercial de l'Allemagne, avec un volume d'échanges de biens s'élevant à 253 milliards d'euros. L'évolution des relations économiques transatlantiques pourrait donc être décisive pour la suite de l'année. Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!