Comme elle l'a fait le 15 mai 2025, la Russie fait semblant de négocier ce lundi 2 juin, au même endroit, Istanbul (Turquie). Comme il l'a fait le mois dernier, le président russe, Vladimir Poutine, est aux abonnés absents alors que c'est lui qui a proposé la date et le lieu des pourparlers, comme la première fois. Un superbe pied de nez à toute la communauté internationale et un affront direct au président américain, Donald Trump, lui qui le premier a mis sur la table un « cessez-le-feu complet et inconditionnel« , auquel Poutine ne se pliera jamais de son plein gré. Il faudra l'y aider, avec des sanctions d'une extrême sévérité, avec les missiles à longue portée promis par l'Allemagne, avec une succession d'exploits technologiques et militaires comme celui signé hier par l'Ukraine sur le sol russe. L'attaque restera dans les annales de l'Histoire Kiev a orchestré avec brio une vaste attaque coordonnée de drones qui a décimé dans les aérodromes militaires en Russie, jusqu'en Sibérie, près d'un tiers des appareils qui transportaient les missiles de croisière, ces engins qui sèment mort et désolation parmi les populations civiles. Moscou s'est borné à reconnaître que plusieurs avions avaient « pris feu« . Le Kremlin n'en dira pas plus sur cette humiliation, une de plus, qui plus est à la veille des pseudo négociations à Istanbul. Toutes les caméras guetteront les regards gênés des membres de la sous-délégation, que des seconds couteaux, envoyés par Poutine chez le président Recep Tayyip Erdoğan. Le président russe ne respecte rien ni personne, pas même son « ami turc » qui se démène pour arracher la cessation des hostilités et réaliser au passage une victoire diplomatique…. La Russie peut continuer à se jouer de Trump, le « balader » (c'est le président américain qui l'a reconnu), elle peut continuer à claironner une « Grandeur » qu'elle n'a pas, mais elle ne pourra pas mettre sous le tapis son incapacité à vaincre l'adversaire qu'elle était censée écraser en quelques jours ou semaines. Ce qui s'est passé hier dimanche personne ne peut le nier ou le minorer. L'armée ukrainienne a mené une « opération spéciale d'ampleur » contre 4 aérodromes militaires russes, dont certains à des milliers de kilomètres du front, d'après une source au sein des services de sécurité ukrainiens (SBU). Près de 41 avions dont se sert Moscou pour « bombarder les villes ukrainiennes » ont été touchés, a précis la même source. Dans le lot il y a principalement des bombardiers stratégiques Tu-95 et Tu-22 et des appareils radar A-50… Le ministère russe de la Défense a corroboré l'information : « plusieurs appareils aériens ont pris feu » après un assaut de drones dans des aérodromes des régions de Mourmansk et d'Irkoutsk, nichés dans l'Arctique russe et en Sibérie orientale. Le premier des deux aérodromes en question, Olenia, est à quelque 1900 kilomètres de l'Ukraine ; et le deuxième, Belaïa, à près de 4300 kilomètres de l'Ukraine. C'est dire la prouesse tactique, technique et militaire réalisée par l'armée ukrainienne, qui depuis plus de 3 ans bluffe le monde par son ingéniosité, son courage et sa résilience. Si les Européens et les Américains avaient fait preuve de la même abnégation cette guerre aurait pu être pliée des les premières semaines. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a magnifié les « brillants » résultats de cette attaque menée avec 117 drones. Il a déclaré que ses soldats n'avaient jamais mené une opération avec si « longue portée« … Kiev a raison d'exulter, cet assaut restera dans les annales de l'Histoire, comme d'ailleurs tous les « miracles » signés par l'armée ukrainienne depuis le 24 février 2022. De fait l'armée ukrainienne s'est imposée comme la numéro 1 en Europe, en termes d'effectifs, d'expérience de combat, d'inventivité sur le terrain et de maîtrise des nouvelles technologies. Le ministère russe a confirmé que les drones avaient été déclenchés depuis des endroits « à proximité immédiate des aérodromes« , ce qui en dit long sur la faillite des services de renseignement locaux et la sécurisation chaotique des frontières. Les Ukrainiens démontrent une fois de plus qu'il y a rien ou pas grand-chose derrière la grandiloquence du Kremlin, tout ce que dit Moscou c'est du vent. L'Ukraine est parvenue à introduire clandestinement en Russie des drones, puis les a dissimulés dans des structures en bois, dans le plafond de containers de transport, d'après la source ukrainienne. Il se dit que certains de ces drones ont même été fabriqués sur place, par des Russes qui ne savaient rien de leur destination finale. Les toits des camions ont ensuite été ouverts à distance pour libérer les engins. Des vidéos, reprises par des médias russes, montrent des drones qui partaient de ces véhicules. L'opération ukrainienne, qui porte le nom de code « toile d'araignée« , a été peaufinée durant plus d'un an et demi, sous la supervision du président Zelensky, a indiqué la source ukrainienne. Des blogueurs militaires russes ont parlé d'un « jour noir pour l'aviation » de leur pays. La chaîne Telegram Rybar, courroie de transmission de l'armée russe, est d'avis qu' »il s'agit sans exagération d'un coup très dur« , pointant de « graves erreurs » des services spéciaux russes. Qu'est devenu le Général Macron, où se planque Trump ? De toute évidence le 1er juin est une date qui comptera, dans cette guerre entre une armée – russe – qui sacrifie des dizaines de milliers de vies pour grignoter quelques mètres carrés et une autre – ukrainienne – qui mise sur son ingéniosité et la technologie pour épargner les vies de ses soldats. Le coup d'hier dimanche certes ne suffira pas pour inverser la tendance sur le champ de bataille mais si ces assauts sont démultipliés ils feront mal et obligeront Moscou à hâter le pas vers Istanbul ou ailleurs, pour « une réunion au plus haut niveau« , avec Poutine. Il est à peu près certain que la Russie fera ce qu'elle fait systématiquement depuis plus de 3 ans : Faire payer l'attaque d'hier en bombardant les infrastructures sensibles et les quartiers résidentiels. Le Kremlin a un prétexte de plus pour continuer sa guerre et les drames humains quotidiens. Poutine ne considère pas cela comme des « actes terroristes« , par contre le sabotage présumé des ponts de Koursk et Briansk si. Une mauvaise foi qui prospère sur l'indolence et la lâcheté des Occidentaux. Le monde découvre chaque jour que le « Lion de Washington » est en fait un Tigre de papier, complètement discrédité et démonétisé par ses reculades et revirements sur les droits de douane, ses revers économiques et financiers, ses déroutes devant de « petits » juges fédéraux, etc. Bref, le poids de sa parole s'est fortement érodé et les choses ne s'arrangeront pas. Trump avait dit « 24 heures » pour faire taire les armes en Ukraine, puis c'est devenu « 100 jours« , ensuite « 6 mois au moins« … En lieu et place d'une action décisive qui terrifiait Moscou avant le retour du républicain à la Maison-Blanche on a ces commisérations du président américain sur les civils ukrainiens tués quotidiennement. La dernière fois Trump a déclaré dans le Bureau ovale, devant les médias, qu'il est « surpris » – juste « surpris« , pas horrifié – et « déçu » par l'attitude de son homologue russe, celui avec qui il passe des heures au téléphone pour parler de tout sauf des morts qu'il laisse sur sa route. Le président français, Emmanuel Macron, avait donné un conseil « avisé » à Washington : qu'il transforme sa « colère » face à Poutine en action forte, notamment les sanctions draconiennes que Trump avait promises aux Européens le 10 mai dernier quand ils l'ont appelé en direct de Kiev. La même indignation devant la famine qui ronge les Gazaouis et derrière le républicain ne fait rien. Mais Macron ce n'est guère mieux. C'est lui qui le premier avait dégainé l'idée d'une intervention militaire pour stopper Poutine… Il n'en parle plus, comme il ne parle plus de la Défense européenne, son dada depuis 2021. Le sujet s'est perdu entre les marchés de plusieurs milliards d'euros qu'il a négociés en Asie du Sud-Est et la réception haute en couleurs des joueurs du Paris Saint-Germain (PSG) après leur sacre à la Ligne des champions. Voilà, l'Ukraine reste ce qu'elle est depuis le début : Une cause à géométries variables, en fonction des morts du jour, des agendas des uns et des autres. Hélas.
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