Les Sud-Coréens se rendent massivement aux urnes ce mardi 3 juin 2025 dans le cadre d'une élection présidentielle anticipée, convoquée à la suite de la destitution du président Yoon Suk-yeol, évincé après avoir brièvement imposé l'état d'urgence militaire en décembre dernier. Une décision controversée qui a déclenché une onde de choc politique à travers le pays et provoqué la tenue de ce scrutin exceptionnel. Selon la Commission électorale nationale, 14 295 bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 6 heures du matin (heure locale) et resteront accessibles jusqu'à 20 heures, soit 11 heures GMT. L'organisme indique que le taux de participation devrait être élevé, dans un climat de forte mobilisation civique. Le pays, l'une des démocraties les plus dynamiques d'Asie, traverse une crise institutionnelle profonde, marquée par la défiance envers les élites politiques. Le nouveau président aura pour tâche de réunifier une société divisée par la crise constitutionnelle, tout en répondant aux défis économiques croissants, notamment la dépendance aux exportations et les tensions commerciales avec les Etats-Unis, partenaire stratégique incontournable. Parmi les favoris en lice, Lee Jae-myung, figure de l'opposition libérale et architecte de la destitution de Yoon au sein du Parti démocrate, se détache nettement dans les sondages publiés ces dernières semaines. Il affronte Kim Moon-soo, candidat conservateur, ancien ministre du Travail, qui appelle à un recentrage politique et économique dans un contexte de polarisation accrue. Les deux prétendants à la présidence ont promis une réforme en profondeur du modèle politique et économique sud-coréen, estimant que le système hérité des décennies de croissance industrielle et d'ouverture démocratique n'est plus adapté aux réalités actuelles. Déjà, plus de 15 millions d'électeurs — soit environ 35 % des 44,39 millions de votants inscrits — ont participé au vote anticipé, organisé sur deux jours la semaine dernière. Cette participation massive est vue comme un baromètre du mécontentement populaire mais aussi comme un signe d'espoir pour une transition démocratique ordonnée. Le scrutin s'annonce déterminant pour l'avenir politique du pays, dans un contexte régional marqué par les incertitudes géopolitiques en Asie de l'Est et les relations fluctuantes avec Washington et Pékin. Le dépouillement des votes débutera immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, et les résultats préliminaires sont attendus dans la nuit. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!