C'est le média d'investigation Disclose qui l'a déballé ce mercredi 4 juin : un cargo israélien fera escale à Fos-sur-Mer (région Provence-Alpes-Côte d'Azur), demain jeudi, pour charger 14 tonnes de pièces détachées pour fusil mitrailleur. De l'armement français qui prend la direction de l'Etat hébreu alors que la tension diplomatique entre Paris et Tel-Aviv est au summum, armer Israël alors qu'on sait ce qu'il en fera, et dans le même temps le président Emmanuel Macron dit et redit qu'il pourrait reconnaitre l'Etat palestinien dès juin prochain. Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y a aucune cohérence dans tout ça. Macron devra s'en expliquer sans tarder. Quel est le tableau ? Le président français est devenu le premier détracteur d'Israël, il tape dur sur les opérations militaires de Tsahal dans la bande de Gaza et Macron a bien raison. Rappelons qu'en octobre dernier il avait demandé publiquement « qu'on cesse de livrer des armes pour mener les combats sur Gaza« , en soutenant que « la France n'en livre pas« . Dernièrement il avait invité l'Union européenne à « durcir la position collective » contre Israël… Alors claironner tout ça et manoeuvrer derrière pour armer la main meurtrière de Benjamin Netanyahu, à tout le moins ça interroge. Et on ne parle pas de menu fretin, on parle d'une grosse livraison militaire, 14 tonnes tout de même ! Il faut souhaiter que le chef de l'Etat français a un argumentaire qui tient la route, lui qui à force de se contorsionner, de se renier, de dire une chose et son contraire, a fini par perdre et l'amitié du monde arabe et la considération de l'Etat hébreu. Il a complètement cramé l'héritage de Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac. Disclose écrit qu' »un cargo de la compagnie israélienne Zim s'apprête à faire escale à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) pour embarquer 19 palettes contenant 14 tonnes de pièces pour cartouches de fusils mitrailleurs ». Le média indépendant ajoute que le bateau en question, le Contship Era, devrait accoster au port provençal vers 6h du matin ce jeudi et quitter les lieux dans la soirée, direction Haïfa (Israël). Les données prévisionnelles de navigation transmises par ce bateau corroborent ces informations. D'après la même source le navire battant pavillon libérien est en fait affrétée par la société Israel Military Industries (IMI), qui se présente sur sa page LinkedIn comme le « fournisseur exclusif des forces israéliennes de défense« . IMI aurait passé une commande auprès de l'entreprise française Eurolinks, qui produit des maillons, des pièces « utilisées pour relier entre elles des balles d'armes automatiques« . Et ce n'est pas la première fois que ce navire débarque en France pour récupérer des équipements militaires dédiés à l'armée israélienne… L'enquête révèle que 2 missions du même type ont eu lieu ces derniers mois. Début avril 2025, le Contship Era aurait accosté au port de Fos-sur-Mer pour charger « près de 20 tonnes de marchandises » pour le compte de l'entreprise IMI. En mai dernier le navire affrété par la compagnie Zim aurait pris livraison, dans le même port, de « deux millions de maillons : un million de M9, utilisés pour équiper des armes lourdes, et l'autre moitié composée de maillons M27« . Ces pièces auraient fini leur voyage à Haïfa. Par ailleurs le média d'investigation braque les projecteurs sur le partenariat commercial très solide entre les sociétés Eurolinks et IMI. En mars 2024 le journal a ébruité l'exportation vers Israël de 100 000 maillons fabriqués par l'entreprise française dans son usine marseillaise, avec l'aval du gouvernement. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait argué que ces pièces étaient commandées par des « clients étrangers » d'IMI et qu'en conséquence Tsahal ne devait pas les utiliser…. Sauf que quelques mois après Lecornu change de version quand il est auditionné par le Sénat. Il affirme cette fois que les maillons convoyés vers Israël étaient assemblés sur place, avant de repartir pour la France. Le ministre avait assuré à deux reprises, devant les députés, que la France ne fait « pas de vente d'armes à Israël« . Les nouvelles révélations indiquent le contraire. Le palais de l'Elysée et le gouvernement refusent de répondre aux questions. Par contre l'opposition donne de la voix, elle dénonce « un nouveau scandale« . Autre réaction forte : celle des travailleurs du port de Fos-sur-Mer. Dès la publication de cette enquête explosive ils ont émis un communiqué ce mercredi, signé par la CGT des Ouvriers Dockers et des Personnels Portuaires du Golfe de Fos. Il dit ceci : « les dockers et portuaires du Golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien« . Le syndicat affirme que le conteneur dans lequel sont logés les maillons d'Eurolinks « a été mis de côté et les dockers ne le chargeront pas sur le bateau à destination de Haïfa« .
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