Le Royaume-Uni a enregistré en avril 2025 sa plus forte contraction économique mensuelle depuis deux ans, selon les données publiées ce jeudi par l'Office national des statistiques (ONS). En cause : un effet de choc immédiat lié à la guerre commerciale lancée par Donald Trump, avec une chute des exportations vers les Etats-Unis et une baisse d'activité dans plusieurs secteurs stratégiques. Une contraction plus forte que prévu Le produit intérieur brut (PIB) britannique a reculé de 0,3 % en avril par rapport à mars, bien au-delà des attentes des analystes qui tablaient sur un recul de seulement 0,1 %, après une croissance de 0,2 % enregistrée le mois précédent. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2023. Liz McKeown, directrice des statistiques économiques à l'ONS, a souligné que ce recul s'explique en grande partie par une chute brutale des exportations de biens vers les Etats-Unis, liée à l'instauration de nouveaux droits de douane. Exportations en chute libre après les taxes américaines D'après Bloomberg, les exportations de marchandises britanniques vers les Etats-Unis ont chuté de 2 milliards de livres sterling (2,7 milliards de dollars) en avril, atteignant leur plus bas niveau depuis février 2022, à 4,1 milliards de livres (5,56 milliards de dollars). Il s'agit du plus fort recul mensuel depuis le début de la série statistique en 1997. Les produits les plus touchés sont les métaux précieux, l'acier, l'aluminium, les véhicules et pièces détachées, désormais soumis à des droits allant jusqu'à 25 %, imposés par Donald Trump dans le cadre de sa nouvelle offensive commerciale, qualifiée de « jour de libération commerciale » le 2 avril dernier. Secteurs clés sous pression Outre le commerce extérieur, les secteurs immobilier et juridique ont aussi contribué à la contraction du PIB, à hauteur de 0,2 %, en raison de la fin d'un dispositif d'exonération temporaire de taxes immobilières. Le secteur automobile, déjà fragilisé par la montée des coûts et la baisse de la demande, a également vu sa production diminuer, notamment à cause de la baisse des exportations vers l'Union européenne et les Etats-Unis. Une croissance solide menacée par la guerre commerciale Ce recul intervient alors que l'économie britannique avait surpris positivement au 1er trimestre 2025, avec une croissance de 0,7 %, la meilleure performance au sein du G7. Cette embellie avait conduit la Banque d'Angleterre à relever sa prévision de croissance annuelle à 1 %. Cependant, la banque centrale a revu à la baisse ses projections pour 2026, à 1,25 %, et estime que les droits de douane américains pourraient faire perdre 0,3 % de PIB au pays sur trois ans. Accord commercial imminent entre Londres et Washington Dans ce contexte tendu, les négociations commerciales entre le gouvernement britannique de Keir Starmer et l'administration Trump se sont accélérées. Selon le Financial Times, un accord partiel pourrait être signé d'ici la fin de la semaine, combinant la réduction des droits de douane américains sur les voitures britanniques avec un accès élargi au marché britannique pour le bœuf et l'éthanol américains. Baptisé « voitures contre agriculture », ce compromis intervient dans la foulée d'un accord de prospérité économique signé le 8 mai entre les deux dirigeants. Toutefois, des tensions persistent sur les volets sensibles de l'acier et de l'éthanol, certains industriels britanniques craignant une concurrence déloyale sur leur propre marché. Ainsi, le mois d'avril 2025 marque un tournant brutal pour l'économie britannique, prise en étau entre la fin de dispositifs fiscaux nationaux et les premières conséquences d'un protectionnisme américain décomplexé. Alors que Londres et Washington s'efforcent de sceller un accord commercial équilibré, les prochains mois seront décisifs pour éviter une spirale négative et préserver les acquis de la reprise post-Brexit. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!