Il fallait s'y attendre, le Sénat, majoritairement à droite et au centre, a retoqué ce jeudi 12 juin une proposition de loi sur une taxation d'au moins 2% des patrimoines de plus de 100 millions d'euros. Cet impôt, dénommé «taxe Zucman», du nom de l'économiste qui l'a théorisé, avait été validé à l'Assemblée nationale le 20 février dernier… Mais voilà, la Chambre haute ne joue pas dans la même cour que la Chambre basse et l'issue de cette proposition était écrite, surtout quand elle est portée par les écologistes. Rappelons que le texte avait été recalé par la Commission des finances. Au Sénat il a recueilli 188 voix contre et 129 pour. C'est sans appel. Les partisans du texte, principalement à gauche, soutiennent que cette taxe pourrait générer jusqu'à 20 milliards d'euros, alors que le gouvernement peine à expliquer comment il fera 40 milliards d'économies dans le prochain budget. Les adversaires de cette proposition, parmi lesquels l'exécutif, agitent le spectre de l'exil fiscal, comme les fuites observées au Royaume-Uni… Les anti-taxe Zucman pointent aussi les retombées négatives sur l'investissement et l'emploi. Bref, l'imposition des ultra-riches divise plus que jamais même si de plus en plus d'études militent pour cette surtaxe. Enfin rappelons qu'en mars 2025 le chef du gouvernement François Bayrou avait ouvert cette porte pour s'éviter une censure à gauche. On attend sa réaction après la frappe du Sénat. Avant Bayrou l'ancien Premier ministre Gabriel Attal avait, en novembre 2024, évoqué la taxation des superprofits et des « rentes », au nom de la justice sociale. Mais il n'a pas eu le temps de dégainer, il n'est resté que 8 mois à Matignon. On verra comment Bayrou va se dépatouiller avec cette patate chaude.
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