Le Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, vitrine mondiale de l'industrie de la défense, a connu un tournant inattendu ce lundi 16 juin. Cinq industriels israéliens exposant des armements offensifs ont vu leurs stands condamnés, sur décision directe du gouvernement français. Une action inédite, hautement symbolique, qui suscite à la fois la stupeur dans les rangs israéliens et l'attention de la communauté internationale. Les entreprises concernées sont parmi les plus influentes de l'armement israélien : Israel Aerospace Industries (IAI), Rafael, Uvision, Elbit Systems et Aeronautics. Dans la nuit, leurs stands ont été entourés de hautes bâches noires, dissimulant intégralement leurs équipements et rendant tout accès impossible. Une mesure confirmée par des sources françaises proches du dossier, qui évoquent une violation du cadre agréé par les autorités israéliennes, en lien avec l'exposition de systèmes offensifs potentiellement utilisés dans la bande de Gaza. Une décision souveraine et assumée par la France Face aux critiques formulées par Tel-Aviv, qui a dénoncé une « ségrégation » et une « décision scandaleuse », Paris n'a pas fléchi. Le ministère de la Défense a, selon des sources concordantes, assumé une décision d'autorité, estimant que l'exposition de ces équipements offensifs allait à l'encontre des principes de précaution humanitaire et diplomatique, dans un contexte où les opérations militaires israéliennes à Gaza sont largement critiquées par la société civile internationale et plusieurs ONG. En prenant cette mesure, la France adresse un signal clair : elle refuse d'être la vitrine d'un armement directement impliqué dans des opérations suscitant une indignation mondiale, notamment celles ayant fait des milliers de victimes civiles palestiniennes depuis octobre 2023. Ce geste diplomatique, bien qu'exceptionnel dans un salon à vocation commerciale, réaffirme la position française en faveur du droit international humanitaire, de la désescalade militaire et du respect des engagements pris en amont des salons d'armement. Une réaction israélienne virulente Sur place, la réaction des industriels israéliens ne s'est pas fait attendre. Shlomo Toaff, vice-président du groupe Rafael, a fustigé une décision prise « sans concertation » et affirmé que cela nuirait aux efforts d'Israël « pour libérer ses otages » et « contenir des menaces existentielles ». Il a souligné la qualité de l'installation des barricades : « Ce n'est pas une improvisation, c'est une action calculée. » Mais au-delà des doléances de l'industrie militaire israélienne, c'est un malaise plus profond qui s'installe dans les relations entre Paris et Tel-Aviv. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou, déjà en froid avec plusieurs chancelleries européennes, pourrait y voir un nouveau signe d'isolement stratégique. Une cohérence avec la position de la France sur le conflit à Gaza Depuis plusieurs mois, la diplomatie française appelle à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la libération des otages et à l'ouverture de corridors humanitaires. Elle a aussi exprimé son inquiétude face à l'escalade régionale, notamment dans le sud-Liban et autour du détroit d'Ormuz. En fermant les stands de ces entreprises, la France aligne ses actes sur ses discours : pas de complaisance envers ceux qui défient les lignes rouges humanitaires. Cette décision pourrait également marquer une inflexion dans la politique européenne à l'égard des salons d'armement, où les considérations géopolitiques prennent désormais le pas sur les seuls intérêts commerciaux. Un message adressé aux opinions publiques Alors que la question palestinienne reste centrale pour une partie importante de l'opinion en France et dans le monde arabe, cette initiative française peut être perçue comme un acte de responsabilité politique, voire un geste de rééquilibrage face à la domination du narratif sécuritaire israélien dans les instances internationales. Elle pourrait aussi atténuer les tensions communautaires internes, en montrant que Paris reste attentif à la voix de ses citoyens d'origine maghrébine et pro-palestiniens. Ainsi, le geste de la France au Bourget 2025 n'est pas qu'un fait divers diplomatique : il s'agit d'un acte politique fort, aligné sur les principes du droit international, la responsabilité éthique et la prudence stratégique. En condamnant l'accès aux stands israéliens d'armement, Paris pose une limite claire : la guerre n'est pas un produit comme un autre. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!