Quelques heures seulement après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu annoncé par le président américain Donald Trump entre Israël et l'Iran, les hostilités ont repris par le biais d'accusations croisées. Alors que l'accord est supposé être entré en vigueur mardi matin, Israël accuse l'Iran d'avoir violé la trêve en lançant deux missiles en direction de son territoire, incident qui aurait eu lieu trois heures seulement après l'annonce du cessez-le-feu. En réaction, le chef d'état-major israélien a promis une riposte « forte », qualifiant cette action d'« atteinte grave à l'accord ». Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a confirmé avoir donné l'ordre de frapper des cibles stratégiques dans le cœur de Téhéran, tandis que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a promis que « Téhéran allait trembler ». L'Iran nie toute attaque et maintient la posture militaire Du côté iranien, la télévision officielle a démenti formellement toute attaque de missiles après le cessez-le-feu, qualifiant les accusations israéliennes de « sans fondement ». Le Conseil de sécurité nationale iranien a réagi en affirmant que l'ennemi a été contraint de capituler face à la force de dissuasion iranienne, précisant que la République islamique n'a pas confiance dans les intentions israéliennes. « Nos forces armées restent en état d'alerte totale, prêtes à répondre à toute agression de manière décisive et douloureuse », a précisé le communiqué officiel. Le Conseil a salué la réponse courageuse des forces iraniennes lors des derniers affrontements, tout en soulignant que leurs armes restent prêtes à tirer. Moscou met en garde contre les risques de dérapage régional Sur le plan diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé une inquiétude croissante face à l'instabilité croissante au Moyen-Orient. Selon lui, les tentatives d'assassinat de militaires et de scientifiques pourraient entraîner des bouleversements profonds dans l'équilibre régional. Moscou a cependant salué la trêve, tout en appelant à la prudence : « Il est trop tôt pour tirer des conclusions sur l'avenir du cessez-le-feu, mais nous soutenons toute initiative de paix », a déclaré Lavrov. Escalade parallèle en Irak : des drones frappent des bases militaires Parallèlement à la montée des tensions entre Israël et l'Iran, le porte-parole du commandement militaire irakien a signalé des attaques de drones suicides de petite taille visant des bases et installations militaires, notamment le camp de Taji au nord de Bagdad. Ces frappes auraient gravement endommagé les systèmes radar des installations visées. Aucun groupe n'a officiellement revendiqué ces attaques, mais leur timing alimente les soupçons d'un prolongement du conflit dans la sphère irakienne. Les faucons israéliens pressent pour une réponse immédiate Face à cette série d'événements, plusieurs figures politiques israéliennes, à commencer par Avigdor Lieberman, chef du parti Israël Beitenou, ont appelé à ne pas tolérer la moindre entorse à l'accord de cessez-le-feu. Selon lui, la réponse doit être immédiate et implacable, pour éviter que l'Iran « ne perçoive cette trêve comme une faiblesse ». De son côté, Gadi Eisenkot, membre du Parti de l'unité nationale et ancien chef d'état-major, a salué la décision israélienne de signer le cessez-le-feu, tout en ajoutant que « l'Iran n'est pas encore vaincu » et que l'Etat hébreu devait consolider ses positions en Syrie, au Liban, et mettre fin à la guerre à Gaza dans une posture de force. Vers un cessez-le-feu sous condition ou une nouvelle escalade ? Alors que les déclarations diplomatiques appellent à la désescalade, les actes et les paroles de part et d'autre laissent planer un doute profond sur la viabilité du cessez-le-feu entre Israël et l'Iran. Si l'Iran insiste sur sa victoire stratégique et sa posture défensive, Israël semble déterminé à imposer ses lignes rouges, quitte à relancer une nouvelle vague de frappes. La situation en Irak ajoute une complexité supplémentaire à une équation déjà explosive. Dans les prochaines heures, la crédibilité du cessez-le-feu dépendra autant des décisions militaires que de la capacité des puissances internationales à imposer une trêve durable dans une région au bord de la rupture. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!