Alors que l'Iran fait face à une campagne de frappes israéliennes et américaines ciblant ses infrastructures militaires et nucléaires, la Russie, son principal partenaire stratégique, a limité son soutien à des déclarations verbales, selon une enquête du Wall Street Journal publiée mardi 24 juin 2025. Un soutien limité à des propos diplomatiques Moscou, qui avait signé en début d'année un partenariat stratégique renforcé avec Téhéran, n'a offert jusqu'ici aucune assistance militaire concrète à son allié. Lors d'un entretien avec Abbas Araghchi, haut diplomate iranien, le président russe Vladimir Poutine s'est contenté de qualifier les frappes américaines d'« injustifiées » et a proposé une réflexion commune sur une sortie de crise, sans évoquer le moindre appui militaire. Cette position prudente vise, selon des analystes cités par The Times, à éviter une escalade régionale et à préserver les relations sensibles de Moscou avec Israël et avec le président américain Donald Trump, dans un contexte diplomatique tendu. Une stratégie d'ambiguïté calculée L'approche du Kremlin traduit ce que plusieurs experts appellent un « flou stratégique », caractérisé par des engagements partiels mais dépourvus de garanties de défense mutuelle. Le politologue russe Nikolai Kozhanov, professeur à l'Université du Qatar, estime que « l'Iran peut demander du soutien, mais la Russie n'acceptera jamais de s'impliquer militairement dans un conflit où elle risquerait ses propres intérêts géopolitiques ». Dans les faits, la coopération entre Moscou et Téhéran s'est jusqu'ici traduite par des échanges d'armements, notamment une commande conclue fin 2023 portant sur des chasseurs Sukhoï Su-35, des hélicoptères Mi-28, des systèmes de défense S-400 et des avions d'entraînement Yak-130. Mais, à ce jour, seuls les avions de formation Yak-130 ont été livrés, selon le Wall Street Journal. La fin des illusions iraniennes ? Les demandes iraniennes pour des systèmes de défense supplémentaires ou l'assistance à la remise en service de son réseau nucléaire sont restées lettre morte. Interrogé par des journalistes sur l'absence de livraisons militaires, Poutine a botté en touche, affirmant que Téhéran n'avait pas émis de « demande concrète ». Le quotidien américain souligne que l'Iran n'est pas la seule victime de cette stratégie d'évitement : l'Arménie, pourtant liée à la Russie par une alliance de défense, a elle aussi été abandonnée face à l'Azerbaïdjan. Moscou s'était également contentée d'offrir l'asile à Bachar al-Assad au plus fort de la crise syrienne. Pour Fabrice Pothier, ancien conseiller stratégique de l'OTAN, cette attitude illustre un schéma récurrent : « La Russie n'est pas un allié fiable. Elle tourne souvent le dos à ses partenaires lorsqu'ils ont réellement besoin d'elle. » Une alliance stratégique fragilisée Le partenariat entre Moscou et Téhéran, longtemps présenté comme un axe anti-occidental solide, révèle aujourd'hui ses limites structurelles. Malgré un engagement iranien fort auprès de la Russie — notamment par la fourniture de drones, de munitions et de missiles durant la guerre en Ukraine —, Moscou adopte une posture attentiste, dictée par ses propres priorités géopolitiques. La Chine, de son côté, n'a pas non plus dépassé le stade du soutien diplomatique, renforçant ainsi l'isolement tactique de l'Iran face à l'axe israélo-américain. Pour Téhéran, cette absence d'appui opérationnel jette une lumière crue sur les limites de ses alliances en temps de crise. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!