La mosquée El Hidaya, située à Roussillon dans le département de l'Isère (sud-est de la France), a été la cible d'un acte de vandalisme dans la nuit du 27 au 28 juin 2025. Vers cinq heures du matin, quatre individus cagoulés ont brisé les vitres de l'entrée du bâtiment, renversé le mobilier intérieur et collé des tracts à caractère haineux sur les murs du lieu de culte. Selon les premières déclarations recueillies par la presse locale, notamment ICI Isère, le maire de la commune, Robert Duranton, a estimé que « les éléments découverts sur place laissent à penser que les casseurs appartiennent à la mouvance d'extrême droite ». Les agresseurs ont pris la fuite à bord d'un véhicule immédiatement après l'intervention du gardien de la mosquée, alerté par les bruits de l'effraction. Une plainte a été déposée par l'association cultuelle gestionnaire de la mosquée. Une enquête judiciaire est en cours, confiée aux autorités locales, pour identifier les auteurs et déterminer les motivations exactes derrière cet acte, bien que la dimension idéologique semble déjà fortement présumée. Une série d'attaques inquiétantes Cet incident n'est malheureusement pas isolé. Il s'inscrit dans une série d'actes islamophobes qui se sont multipliés en France ces derniers mois. Il y a quelques semaines, un homme avait été arrêté après avoir profané la mosquée Errahma de Villeurbanne. L'individu avait brûlé un exemplaire du Coran, qu'il avait ensuite déposé à l'entrée du lieu de culte. Dans le même temps, une boucherie halal tenue par un commerçant franco-marocain en Haute-Garonne a été visée à deux reprises par des inscriptions racistes. En mars dernier, des inscriptions haineuses ont également été relevées sur les murs d'une mosquée et d'une autre boucherie halal en Haute-Savoie. Une explosion des actes antimusulmans Les données officielles recueillies par les autorités françaises montrent une hausse alarmante des actes antimusulmans en 2025. Entre janvier et mars, 79 incidents ont été recensés, représentant une augmentation de 72 % par rapport à la même période l'année précédente. Ces chiffres traduisent un climat de plus en plus délétère à l'égard des citoyens musulmans de France. Un climat nourri, selon plusieurs associations de défense des droits humains, par des discours de plus en plus virulents dans l'espace public, y compris au sein de certaines sphères politiques, où l'amalgame entre islam et insécurité est régulièrement entretenu. Une préoccupation grandissante La recrudescence de ces actes inquiète profondément les représentants des communautés musulmanes et les défenseurs des libertés religieuses. Plusieurs voix appellent désormais à un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte, mais aussi à une prise de conscience politique plus forte pour enrayer la banalisation de l'islamophobie dans le débat public. Les autorités françaises, pour leur part, affirment suivre la situation de près, mais les réponses concrètes tardent, selon de nombreuses associations, à se traduire par des mesures préventives efficaces et des sanctions dissuasives. Dans ce contexte, l'acte de vandalisme perpétré à Roussillon pourrait bien être un signal d'alarme supplémentaire pour alerter sur l'urgence d'un sursaut collectif face à la montée de la haine antimusulmane en France. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!