Aliko Dangote… L'homme le plus riche du continent c'est lui. C'est lui qui a promis à son pays, le Nigéria, de rogner de 40% la facture de ses importations énergétiques grâce au méga investissement de 20 milliards de dollars dans la plus grande raffinerie du continent. Dangote prend un autre engagement très fort : il se donne 40 mois pour réaliser l'autosuffisance de l'Afrique en engrais. Plus aucun gramme ne sera importé… L'Afrique, alors que la sous-alimentation y sévit, est la partie du monde qui utilise le moins les fertilisants. Il y a aussi l'anomalie du déficit commercial dans l'engrais par rapport au reste du monde, alors que la production en Afrique est massive. Le milliardaire nigérian promet la fin du calvaire d'ici le début du second trimestre 2028. «Dans les 40 prochains mois, l'Afrique n'importera plus d'engrais de nulle part. Nous suivons actuellement une trajectoire très ambitieuse. Nous voulons faire de Dangote le premier producteur d'urée, devant le Qatar – accordez-moi 40 mois», a assuré l'homme d'affaires le 27 juin 2025 lors des 32e assemblées générales annuelles d'Afreximbank à Abuja. Dans son pays, le plus peuplé d'Afrique, son groupe a mis sur pied, depuis 2021, une unité capable de produire annuellement 3 millions de tonnes d'urée granulée. Le financement est monté à 2,5 milliards de dollars. L'usine a fait du Nigeria un exportateur net de cet engrais azoté, l'un des plus prisés au monde. 300 000 tonnes avaient été exportées dès le 4e trimestre 2021. Selon les indicateurs de la Banque africaine de développement (BAD), le continent africain produit présentement quelque 30 millions de tonnes d'engrais minéraux par an. C'est plus du double de sa consommation, pourtant l'Afrique est lestée par un déficit annuel de près de 2 millions de tonnes d'après l'institution financière panafricaine. L'explication ? La majorité des gros producteurs du continent opérant en Afrique du Nord (le Maroc et la Tunisie principalement) s'activent dans les engrais phosphatés dédiés en même temps aux marchés africains et mondiaux. L'essentiel des importations se fait avec les engrais potassiques et azotés. D'où l'investissement très stratégique de Dangote dans la production d'engrais azotés et à faible coût. Une excellente nouvelle pour les agriculteurs africains. Par ailleurs le complexe intégré permet d'exploiter les réserves du pays en gaz naturel, essentiel pour produire l'hydrogène indispensable pour l'ammoniac, phase clé de la fabrication de l'urée. Cet investissement muscle la chaîne de production, avec Indorama Eleme Fertilizer & Chemicals Limited (IEFCL), propriétaire dans l'Etat de Rivers d'une usine d'urée qui affiche une production annuelle de 1,4 million de tonnes. Dangote ne s'arrête pas là, il ambitionne de dépasser le volume annuel produit par la Qatar Fertiliser Company (QAFCO), avec ses 5,6 millions de tonnes d'urée. Ce qui hisserait l'offre continentale dans une autre dimension. Mais les experts tempèrent les ardeurs du milliardaire, ils sont d'avis que l'autosuffisance du continent en matière de production d'engrais potassique tel que le chlorure de potassium (Kcl) ou muriate de potasse (MOP) attendra un peu. Quelque 70% des réserves de potasse sont nichées dans l'hémisphère nord, notamment au Canada, en Russie et en Biélorussie… La mine de potasse kola, contrôlée par Kore Potash au Congo, est l'un des projets les plus prometteurs du continent. Il est question de porter la production à 2,2 millions de tonnes de potasse par an. Après une série de ratés au démarrage la société s'est fixé janvier 2026 pour le lancement du chantier après l'aval du fonds d'investissement OWI-RAMS. Une enveloppe de 2,2 milliards de dollars est annoncée, pour financer les travaux de la mine.
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