Dans ce qui semble relever autant de la guerre psychologique que de l'opération militaire, le quotidien israélien Haaretz a révélé que l'un des objectifs – certes symbolique mais significatif – de la récente guerre israélienne contre l'Iran était la destruction d'une grande horloge numérique installée sur la place de Palestine à Téhéran, connue sous le nom de « l'Horloge de l'Apocalypse ». Selon l'analyste militaire et du renseignement Yossi Melman, l'armée de l'air israélienne avait pour mission de frapper cette horloge, de filmer la scène, puis de diffuser les images en Israël, en Iran et dans le reste du monde, dans le cadre d'une campagne de guerre psychologique. Toutefois, l'opération a échoué : les avions israéliens ont manqué leur cible. Une obsession poursuivie... jusqu'à l'intervention de Trump Malgré cet échec, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, n'a pas renoncé. Il a ordonné une seconde tentative de frappe, programmée pour le dernier jour de l'offensive. Mais cette seconde opération a été annulée suite à la déclaration d'un cessez-le-feu par le président américain Donald Trump, contraignant les avions israéliens à retourner à leurs bases, selon Haaretz. Une horloge lourde de symboles idéologiques Installée en 2017, l'horloge numérique affiche un compte à rebours qui s'achève en 2040 — l'année à laquelle le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, avait prédit que l'Etat d'Israël cesserait d'exister. Pour le journal de gauche basé à Tel-Aviv, cette horloge constitue un outil de propagande idéologique reflétant l'hostilité fondamentale du régime iranien envers Israël. Sa destruction aurait, selon Melman, envoyé un message symbolique fort : arrêter le compte à rebours vers la disparition d'Israël reviendrait à « arrêter le temps » et contrecarrer la prophétie iranienne. Une valeur symbolique plus qu'opérationnelle Melman affirme que l'échec de cette mission n'a aucune valeur opérationnelle réelle, mais qu'il aurait pu offrir une victoire psychologique à Israël. Selon lui, l'Etat hébreu dispose malgré tout d'une opportunité historique : celle d'utiliser les résultats – même partiels – de la guerre, avec le soutien américain et occidental, pour redéfinir sa position stratégique au Moyen-Orient. Vers des réajustements diplomatiques régionaux ? L'article évoque la possibilité pour Israël de transformer les acquis de la guerre en arrangements à long terme assurant sa survie, à l'inverse du scénario projeté par l'horloge iranienne. Melman suggère qu'Israël pourrait ouvrir la voie à des accords, ou du moins à des ententes, sur les six fronts où il est engagé depuis le 7 octobre 2023 : Gaza, la Cisjordanie, le Liban, la Syrie, le Yémen et l'Iran. Deux voies principales sont proposées : * La première consisterait à avancer, même de manière graduelle, vers une solution à la question palestinienne, ce qui pourrait entraîner une dynamique positive dans le monde arabe et musulman. * La seconde serait d'envisager des formes de dialogue indirect avec l'Iran, même informelles, susceptibles de modérer l'attitude jugée « agressive » de Téhéran et de ses alliés dans la région. Le poids de l'idéologie de Netanyahou Melman conclut son analyse en soulignant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est profondément influencé par l'idéologie de son père, l'historien Benzion Netanyahou, fervent opposant à tout compromis territorial. Selon lui, Netanyahou, tout comme son père, ne croit pas à la paix avec les voisins d'Israël, et considère que la guerre est une fatalité pour les Israéliens — une perception qui, volontairement ou non, sert ses intérêts politiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!