Dans l'Amérique de Donald Trump, même la nature a désormais un prix — du moins si vous n'êtes pas américain. Jeudi, à l'occasion d'un rassemblement dans l'Iowa marquant le lancement des festivités du 250e anniversaire des Etats-Unis, le président américain a annoncé une mesure aussi symbolique que lucrative : l'augmentation des prix d'entrée dans les parcs nationaux pour les touristes étrangers. « Dans les parcs nationaux, ce sera l'Amérique d'abord », a-t-il déclaré sous les applaudissements de ses partisans, reprenant à la lettre son slogan favori. L'objectif affiché ? Rendre les merveilles naturelles « plus abordables » pour les citoyens américains. Comprenez : les non-Américains paieront plus, pour que les Américains paient (un peu) moins — ou pas plus, ce qui revient au même politiquement. Une hausse encore non chiffrée, mais un message clair Le décret signé par Trump prévoit une augmentation des tarifs d'entrée pour les touristes étrangers, sans encore en préciser les montants exacts. Pour l'instant, les droits d'entrée s'élèvent entre 25 et 35 dollars (21,2 à 29,7 euros) par voiture pour une visite valable sept jours. Un pass annuel à 80 dollars (environ 68 euros) permet d'accéder à l'ensemble des parcs nationaux. Une soixantaine de joyaux naturels sont concernés, parmi lesquels le Grand Canyon (4,92 millions de visiteurs en 2024), Yellowstone (4,74 millions), Yosemite (4,12 millions) ou encore les Great Smoky Mountains (12,19 millions), le parc le plus visité. En tout, les parcs nationaux américains ont accueilli plus de 94 millions de visiteurs l'an dernier, locaux et internationaux confondus. La facture grimpe, le personnel s'évapore Officiellement, la hausse des tarifs servira à améliorer les infrastructures des parcs, souvent mises à rude épreuve. Mais plusieurs associations de défense de l'environnement expriment déjà leurs inquiétudes. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier, des centaines d'employés du National Park Service ont été remerciés, alors même que la saison estivale bat son plein. Pour beaucoup, l'argument de la modernisation dissimule une logique économique bien rodée : faire payer davantage ceux qui ne votent pas aux Etats-Unis, tout en flattant un électorat local avide de patriotisme économique. Bref, un parc à thème à ciel ouvert... mais à double tarification. Tourisme ou sélection naturelle ? Si certains saluent une forme de bon sens économique — après tout, les visiteurs étrangers sont nombreux et souvent prêts à débourser pour découvrir les merveilles américaines — d'autres dénoncent une politique dissuasive qui transforme un patrimoine naturel en produit de luxe réservé à une élite mobile. Reste à savoir si cette stratégie aura l'effet escompté : remplir les caisses sans vider les sentiers. Car si l'Amérique veut garder son statut de destination rêvée, elle devra s'assurer que ses paysages restent aussi accessibles qu'ils sont spectaculaires. À défaut, les touristes pourraient bien préférer les Alpes, les fjords norvégiens ou le désert tunisien... où les rochers sont encore gratuits. Ainsi, avec cette nouvelle mesure, Donald Trump démontre une fois de plus que sa vision du monde commence aux frontières des Etats-Unis... et que même les parcs naturels doivent contribuer à la grandeur américaine. Pour les amoureux de la nature venus de l'étranger, il faudra désormais plus qu'un visa : un portefeuille bien garni. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!