Au motif qu'elle est débordée par la déferlante migratoire, nord-africaine surtout, la Grèce ferme ses portes pour 3 mois. Concrètement aucune demande d'asile ne sera traitée. Le gel a été annoncé ce mercredi 9 juillet par le gouvernement grec… Cette décision radicale fait suite au débarquement de plus de 7300 migrants en Crète et à Gavdos depuis le début de l'année, contre 4935 en 2024. «Le passage vers la Grèce est fermé», a déclaré le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, devant les députés. Ce sont les arrivées depuis la Libye qui tourmentent le plus les autorités grecques. «Nous allons informer l'Union européenne de notre décision de suspendre pour trois mois les demandes d'asile pour les migrants arrivant à bord de bateaux en provenance d'Afrique du Nord», a indiqué le chef du gouvernement conservateur au Parlement. Il a averti : «tous les migrants qui entrent illégalement seront arrêtés et détenus». Athènes argue une «situation d'urgence» qui «exige des mesures exceptionnelles», Mitsotakis tenait à envoyer «un message de détermination [...] tant aux trafiquants qu'à leurs clients potentiels». A noter que plus de 2000 migrants ont été sauvés au large de la petite île de Gavdos et de la Crète dernièrement. Les autorités grecques parlent d'un «pic» du nombre d'arrivées. «Nous parlons d'un flux migratoire massif, continu et croissant, au sud de notre pays», a alerté hier mardi 8 juillet dans la soirée le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, à la télévision. Les îles du nord-est de la mer Egée, telles que Lesbos, ont des camps pour accueillir les migrants, la Crète et Gavdos ne peuvent pas en dire autant. Les autorités locales harcèlent le gouvernement pour corriger le tir. La Grèce avait signalé ses difficultés auprès de ses partenaires européens lors du dernier sommet de l'Union européenne fin juin dernier à Bruxelles. Une mission avait été annoncée à Tripoli pour évoquer l'épineux sujet avec les autorités libyennes. Mais hier mardi un rendez-vous diplomatique avec le gouvernement de l'Est de la Libye a été manqué… Ce gouvernement, sous la coupe du maréchal Khalifa Haftar, ennemi juré du gouvernement d'unité nationale reconnu par l'ONU et l'UE, a expulsé à Benghazi le commissaire européen Magnus Brunner et trois ministres (grec, italien et maltais). Ils voulaient jeter un oeil sur le port de transit des migrants vers l'Europe, raté. «Ce qui s'est passé est sans précédent», a réagi Pavlos Marinakis, en brandissant la menace de centres d'accueil fermés pour ces migrants qui déferlent sur la Grèce. «La logique l'impose. Nous ne pouvons pas abandonner les habitants de ces régions, qui subissent de telles pressions», a-t-il ajouté. Ce n'est pas la première fois que le gouvernement grec suspend temporairement l'étude des demandes d'asile, il l'avait fait début 2020 en pleine crise migratoire avec la Turquie. Des milliers de personnes avaient pris d'assaut la frontière gréco-turque.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!