Depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza le 7 octobre 2023, l'armée israélienne est confrontée à un phénomène alarmant : au moins 43 soldats se sont suicidés, selon des sources relayées par les médias israéliens. Un chiffre révélateur du profond traumatisme psychologique provoqué par des mois de combats intensifs et de scènes d'une extrême violence. Le dernier cas en date concerne un soldat du bataillon Golani qui s'est donné la mort cette semaine dans la base militaire de Sdé Yaman. D'après le quotidien Haaretz, le soldat s'est suicidé par balle après avoir été entendu par la police militaire dans le cadre d'une enquête ouverte antérieurement. Il venait de quitter la bande de Gaza pour une formation de remise à niveau, lorsqu'il a été convoqué à l'interrogatoire. À la suite de cet entretien, ses supérieurs ont décidé de lui retirer son arme, mais quelques heures plus tard, il s'est emparé de celle d'un camarade et a retourné le canon contre lui. Quelques jours auparavant, le site Walla avait rapporté le suicide d'un autre soldat, épuisé mentalement par les souffrances endurées au cours des longues opérations militaires à Gaza et au Liban. Les témoignages évoquent des soldats profondément marqués par les atrocités de la guerre, souffrant de troubles psychologiques sévères. Officiellement, l'armée israélienne refuse de publier les chiffres exacts des suicides. Toutefois, Haaretz cite des sources militaires qui confirment que plusieurs cas récents sont directement liés à la poursuite des opérations à Gaza. Le journal affirme également que l'armée procède discrètement à l'inhumation de certains soldats sans cérémonies officielles ni annonces publiques, lorsqu'il s'agit de suicides. Une alerte au sein même du Knesset Parallèlement, Maariv rapporte que le Knesset (le parlement israélien) prévoit une session d'urgence à la demande des familles de soldats du bataillon du génie 605, inquiets des défaillances techniques et des failles sécuritaires affectant le véhicule de combat Puma, largement utilisé dans les incursions terrestres à Gaza. Parmi les critiques formulées : l'absence d'une issue de secours à l'arrière du blindé, l'insuffisance des caméras de surveillance périphérique et une protection jugée faible par rapport à d'autres véhicules blindés. Ces lacunes, selon les familles, mettent en danger direct la vie des soldats en opération. Une crise silencieuse Le phénomène des suicides dans les rangs de l'armée israélienne, souvent passé sous silence, révèle une crise morale et psychologique profonde au sein des troupes. L'intensité de la guerre, la confrontation constante avec la mort, ainsi que les dilemmes éthiques vécus sur le terrain, semblent provoquer une onde de choc dont l'institution militaire ne parvient plus à contenir les conséquences. Tandis que la guerre se prolonge et que la société israélienne peine à en mesurer le coût humain au sein de ses forces armées, ces suicides posent des questions fondamentales sur le traitement réservé aux soldats, leur accompagnement psychologique et les limites d'un conflit sans horizon de résolution. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!