C'est une mésaventure à la fois administrative et humaine qui illustre les dérives du durcissement migratoire aux Etats-Unis. Christopher Landry, un Canadien de 46 ans résidant depuis 43 ans dans le New Hampshire, s'est vu refuser l'entrée sur le sol américain au retour d'un séjour familial au Nouveau-Brunswick. La raison ? Une vieille condamnation pour possession de marijuana datant de 2004. Un voyage annuel qui tourne au cauchemar Christopher Landry rend chaque été visite à sa famille dans la petite localité de Grand-Barachois, au Canada. Rien ne laissait présager que le passage de la frontière le 6 juillet dernier, au poste de Woodstock-Houlton (Etat du Maine), prendrait une tournure dramatique. Interrogé par les agents frontaliers américains, il a été informé qu'il risquait une détention immédiate en raison de deux condamnations remontant à 2004 et 2007 : possession de cannabis et conduite avec un permis suspendu. Selon lui, ces infractions, pour lesquelles il avait reçu des peines avec sursis et payé des amendes, n'avaient jamais posé problème auparavant. « Aux Etats-Unis, ça ne compte pas que vous soyez une meilleure personne qu'il y a 20 ans, ils vous le reprocheront toujours », a-t-il confié à la presse canadienne. Depuis une semaine, Christopher est bloqué au Canada, loin de sa conjointe et de ses cinq enfants restés au New Hampshire. Sans date de retour connue ni autorisation de franchir la frontière, il déclare vivre une détresse personnelle et financière : « Je manque le travail, c'est énorme. Ma famille dépend de moi pour tout. » Son avenir reste incertain, en attendant une convocation devant un juge de l'immigration qui pourrait décider d'une expulsion définitive ou d'un retour à la normale. L'homme se dit profondément affecté par ce qu'il considère comme une injustice et une application excessive des lois. Un cas révélateur d'un climat migratoire tendu Blair Hodgman, avocate spécialisée en droit de l'immigration aux Etats-Unis et au Canada, estime cette décision inhabituelle, car un résident permanent ne devrait pas être expulsé pour des infractions mineures aussi anciennes. Elle appelle les personnes disposant d'un casier judiciaire à la vigilance lors de leurs déplacements à l'international, particulièrement dans le contexte actuel. Ancien soutien de Donald Trump, Christopher Landry ne cache plus sa déception : « Si j'avais su qu'il ferait cela à des centaines, voire des milliers de personnes... je ne sais pas si j'aurais soutenu ça. » Selon lui, l'administration Trump « est allée trop loin », mettant en péril des familles entières sans tenir compte des parcours de réinsertion ni des attaches durables sur le sol américain. Ce cas humain met en lumière les effets concrets des politiques migratoires américaines, qui, sous prétexte de sécurité, fragilisent des familles entières intégrées depuis des décennies. Une illustration inquiétante d'un système de plus en plus rigide, même envers ses propres résidents permanents. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!