La Chine, premier investisseur en Afrique, avait annoncé en janvier 2024 qu'elle reviendra en force en 2025 après avoir réduit la voilure durant des années pour se concentrer sur ses propres défis macroéconomiques. Mais Pékin avait précisé qu'il n'est pas question de reprendre les vieilles recettes, c'est-à-dire des prêts « généreusement » ventilés dans les pays africains sans s'assurer des retombées et surtout de la capacité des Etats à rembourser. Les Chinois ont désormais un seul langage, exactement le même que le rival américain depuis le retour de Donald Trump aux affaires : Des investissements rentables. Le rapport de l'université australienne de Griffith démontre ce changement de braquet. D'après ce document publié hier jeudi 17 juillet, le continent africain est en 2025 le premier bénéficiaire des «nouvelles routes de la soie» impulsées il y a plus de dix ans. Toutefois comme il l'avait martelé l'Empire du Milieu a révisé intégralement ses politiques. Le Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique et qui fut pendant longtemps la première économie du continent, est devenu la destination phare des financements chinois… Si le Nigéria intéresse Pékin à ce point ce n'est pas uniquement à cause des hydrocarbures, le pays regorge de ressources minières inexploitées et dont la Chine a fait sa priorité. Et d'ailleurs le Nigéria intéresse d'autres puissances économiques, en premier la France. Cette dernière est montée en puissance dans ce pays anglophone, qui est rapidement devenu le premier partenaire de l'Hexagone en Afrique subsaharienne. La Chine a complètement lâché d'autres pays – tels que le Cameroun – pour se focaliser sur le géant nigérian (pays le plus peuplé d'Afrique). Cette année la Chine et ses entreprises ont investi 39 milliards de dollars en Afrique pour mettre sur orbite les «nouvelles routes de la soie», dont 21 milliards de dollars au Nigéria et 3,6 milliards en Tanzanie. Selon le rapport de l'université australienne Pékin a haussé ses investissements en Afrique de quelque de 400% en 2025 pour donner corps à son méga projet. Une bonne nouvelle qui ne fait pas que des heureux… En effet le Cameroun, le Madagascar, le Zimbabwe, l'Afrique du Sud (1e économie du continent) et d'autres ont été rayés de la liste cette année alors qu'ils avaient été copieusement arrosés en 2024. D'après l'Institut asiatique de l'université de Griffith Pékin a décidé de tasser le risque financier de ses investissements et de tout miser sur l'accès à certaines ressources telles que le gaz naturel, le pétrole et les terres rares. Le nouveau cap du président Xi Jinping : accorder les crédits aux pays capables de présenter ces ressources en garanties financières. Le Nigéria est dans cette case, raison pour laquelle il a reçu le financement chinois le plus conséquent pour monter le projet titanesque du parc industriel gazier à Ogidigben, au sud de Lagos. Idem pour la Tanzanie, dont les projets d'infrastructure subventionnés par la Chine doperont le transport de minerais, notamment des terres rares… Les USA, l'Union européenne et la Chine ont désormais exactement la même politique en Afrique. L'Arabie saoudite, entraînant le Conseil de coopération du Golfe, a exactement le même grand dessein. On pourrait aussi parler de la Corée du Sud, de l'Inde, etc.
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