La Tunisie envisage de réduire de 30 % la teneur en sel dans la fabrication du pain au cours des prochaines années, conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette initiative vise à prévenir les maladies cardiovasculaires et l'hypertension artérielle, en adaptant la composition du pain à des critères nutritionnels plus sains. Ce programme a été présenté lors d'une séance de travail de la Commission parlementaire de l'industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l'énergie et de l'environnement, en présence de représentants des ministères de la Santé, de l'Agriculture et du Commerce. À cette occasion, l'état d'avancement du projet de pain enrichi en fibres a été examiné. Vers un taux d'extraction de 85 % pour la farine boulangère Le projet en cours prévoit d'augmenter le taux d'extraction de la farine de blé tendre utilisée dans le pain subventionné de 78 % à 85 %, ce qui permettrait de renforcer sa teneur en fibres, minéraux et vitamines. L'objectif est de favoriser une meilleure digestion et de contribuer à la lutte contre l'obésité, le diabète et d'autres maladies non transmissibles. Une séance de dégustation de ce nouveau pain a eu lieu le 15 décembre 2023. Selon le ministère de l'Agriculture, le prototype a été bien accueilli par les professionnels de la filière céréalière et de la boulangerie. Un extrait de projet de décret modifiant l'arrêté ministériel du 21 août 1979 relatif au taux d'extraction de la farine a également été présenté. Une consommation excessive de pain qui pèse sur le système Les représentants du ministère du Commerce ont fait état d'une forte hausse de la consommation de pain ces dernières années, portant les besoins annuels à environ 6,9 millions de quintaux de farine boulangère. Cette pression alourdit considérablement les charges du système de compensation. Une feuille de route progressive, accompagnée d'une stratégie de communication, est ainsi préconisée pour assurer le succès du projet. Selon le ministère de la Santé, le pain représente entre 35 et 40 % de l'apport quotidien en sel des Tunisiens. Cette proportion importante explique pourquoi la reformulation du pain est devenue une nécessité urgente pour freiner la progression des maladies chroniques telles que l'hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Intégrer la réforme dans la politique nationale de nutrition Les autorités sanitaires recommandent de publier rapidement le décret qui officialisera le relèvement du taux d'extraction de la farine et la réduction de 30 % du sel. Elles appellent également à intégrer cette réforme dans la stratégie nationale de soutien alimentaire, tout en assurant un contrôle régulier de la qualité du pain produit. Les députés ont, pour leur part, insisté sur la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation pour faire connaître les bienfaits nutritionnels du nouveau pain. Ils ont aussi recommandé une répartition équitable des boulangeries à travers le pays et souligné l'urgence d'empêcher l'utilisation abusive du pain comme aliment pour bétail, notamment par la mise à disposition d'alternatives fourragères, l'intensification des contrôles et la sensibilisation du monde agricole. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!