Cette fois sa bataille n'est pas commerciale – les droits de douane assénés par Washington -, ce n'est pas non plus une guerre de positionnement pour imposer l'industrie militaire française face au mastodonte américain, mais ses retombées ne sont pas moins politiques pour autant. Le président Emmanuel Macron et la Première dame ont décidé de mener un combat inédit pour un couple de leur rang : ils ont enclenché hier mercredi 23 juillet des poursuites en diffamation aux USA contre une influenceuse américaine d'extrême droite, Candace Owens. Elle a propagé la funeste rumeur selon laquelle Brigitte Macron serait une femme transgenre. L'influenceuse a eu son buzz numérique et médiatique, un écho planétaire, une célébrité qu'elle cherchera certainement à monnayer d'une façon ou d'une autre. C'est le principe même de ce genre d'opération… A moins que la Justice américaine ne mette le holà. La plainte en diffamation a été déposée devant un tribunal du Delaware. C'est lui qui dira si oui ou non l'influenceuse américaine avait le droit de partager et exploiter ces vidéos qui martèlent que Mme Macron serait « née homme« . Candace Owens n'a pas intérêt à perdre ce bras de fer car le couple présidentiel réclame une somme « exemplaire » en dommages et intérêts, lesquels seront fixés par ce procès forcément très médiatisé. Certaines sources parlent d'un montant astronomique de 50 millions de dollars, dans l'escarcelle du palais de l'Elysée, enfin si le tribunal arbitre en sa faveur. Cette infox refait surface très fréquemment sur les réseaux sociaux français depuis la première élection de Macron en 2017, le feu a pris à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, le paradis des complotistes en tout genre. La blogueuse d'extrême droite a pris le train en mars 2024, flairant les retombées d'une telle affaire. La chose est devenue mondiale depuis janvier 2025, avec une série de vidéos savamment intitulée « Becoming Brigitte » (« Devenir Brigitte »). Les avocats des Macron disent dans la plainte que Candace Owens savait pertinemment que ces révélations étaient fausses et qu'elle a systématiquement refusé toutes les demandes de correction. Elle a persisté dans sa « campagne de diffamation » pour « gagner en notoriété et faire de l'argent« , avec ses 6,9 millions d'abonnés sur X et 4,7 millions sur YouTube. Tout est parti en France de la rumeur selon laquelle Brigitte Macron, née Trogneux, serait une pure invention. Ce serait son frère, Jean-Michel, qui aurait fabriqué cette identité après un changement de sexe… Rappelons que deux femmes, Natacha Rey et Amandine Roy, qui avaient copieusement diffusé ce bruit, ont été condamnées en septembre 2024 par la justice française à verser plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts à Brigitte Macron et 5000 à Jean-Michel Trogneux. Mais elles ont été relaxées en appel le 10 juillet 2025. Mme Macron et son frère se sont pourvus en cassation contre ce verdict. C'est dire que pour la Première dame ce n'est pas du menu fretin, elle aurait pu snober ces attaques en se disant que toute réaction ne ferait que grossir l'affaire et accroître la notoriété des pseudo informateurs. Elle aurait pu se dire qu'il valait mieux laisser tout ça mourir de sa belle mort, mais non, elle combat, preuve que les tirs l'ont profondément blessée. Par contre l'irruption du président de la République dans ce dossier est plus surprenante… La chose est assez rare dans les grandes démocraties. Il est très probable que Macron a fait corps avec son épouse pour donner plus d'épaisseur à la procédure judiciaire. La plainte d'un chef d'Etat ce n'est pas rien, aux Etats-Unis ou ailleurs. Il est possible aussi que le président français l'ait fait pour dissiper tous les bruits sur sa mésentente avec la Première dame, après ce que beaucoup de médias ont interprété comme une violence physique lors du voyage au Vietnam. L'autre explication c'est le souci de l'image du président. Pour un homme qui refuse de clore officiellement sa carrière politique et qui rêve de l'élection de 2032 la réputation de la Première dame vaut son pesant d'or. Enfin il y a la résonance aux USA, surtout auprès du président Donald Trump, qui a les opinions que l'on sait sur les transgenres au point de leur réserver l'un de ses tout premiers décrets.
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