Les mêmes causes produisent les mêmes effets, partout dans le monde. Canicule, déficit pluviométrique, baisse des stocks des barrages plus le phénomène d'évaporation du fait des pics de chaleur. Conséquence : des pénuries d'eau. Cela n'a pas loupé en Iran. C'est la capitale, Téhéran, qui est le plus impactée. D'autres régions du pays sont également durement touchées. "L'alerte rouge de la pénurie d'eau a sonné en Iran", titre sans détours le journal « Jam-é-Jam », publication de la télévision d'Etat. L'heure n'est plus au camouflage et au maquillage de la réalité. La même source indique "la situation de Téhéran est pire que celle du reste des provinces". Le problème est tel que les autorités locales ont invité la population à tasser sa consommation d'eau ; par ailleurs un jour férié a été décrété, le 23 juillet 2025, une mesure exceptionnelle. C'est la province de Téhéran qui trinque le plus, avec la chaleur qui est montée à 41°C (un niveau sans doute sous-évalué) ces derniers jours. La pluviométrie enregistrée depuis le début de l'année est la plus faible depuis 60 ans. Résultat : "Les barrages de la capitale sont vides à hauteur de 87%" et "l'eau perd constamment de la pression", a déclaré le gouverneur de Téhéran, cité par le journal réformateur « Etemad ». La majorité des 19 millions d'habitants de la province de Téhéran sont logés dans des immeubles très imposants. A cause de la baisse de la pression l'eau ne peut monter jusqu'aux étages supérieurs qu'avec l'intervention d'équipements spécifiques… Les autorités misent sur la fermeture des administrations publiques pour faire chuter la demande. "Les autorités espèrent que la fermeture de mercredi et les déplacements éventuels de certains citoyens entraîneront une réduction de 10% de la consommation d'eau dans la capitale", rapporte le journal réformateur « Shargh ». La même mesure a été décidée par les provinces de Qom, Alborz (au centre), Boushehr et Hormozgan (au sud). Un responsable a fait savoir que 50 villes disséminées dans 24 des 31 provinces font face actuellement à des pénuries d'eau, précise « Iran Newspaper », journal du gouvernement. Mise à part la capitale il y a Mecched (Nord-Est), Ispahan (centre), Tabriz (nord-ouest), Saveh (ouest) et Bandar Abbas (sud). Dans certaines zones des températures excédant les 50°C ont été enregistrées ces derniers jours. La majeure partie du territoire iranien est composée de régions sèches, dont 20% sont cataloguées désertiques. Sur les réseaux sociaux les internautes iraniens s'en prennent au pouvoir. "La cause des pénuries d'eau et d'électricité réside dans la politique et la mauvaise gestion", fustige le quotidien réformateur « Ham-Mihan ». "Depuis plus d'une décennie, les militants écologistes mettent en garde contre les pénuries d'eau, d'électricité et d'énergie, mais aucune mesure efficace n'a été prise", dit le média. À Sabzevar (Nord-Est) les coupures d'eau et d'électricité sont telles que des manifestations populaires agitent la rue, les habitants n'hésitent pas à crier des slogans contre la République islamique. "Honte au dictateur" et "Notre ennemi est ici, ils mentent en accusant l'Amérique", ont scandé les manifestants, rapporte le journal opposant « Independent Persian ». "La République islamique redoute de plus en plus que des troubles éclatent dans le pays, surtout après la récente guerre avec Israël", commente ce média domicilié à Londres… "Si les manifestations reprennent, compte tenu des multiples crises, économique, environnementale et politique, il sera cette fois plus difficile pour le pouvoir de les contrôler et cela pourrait même conduire à l'effondrement de l'ordre existant", souligne le même média. Il est vrai que le régime des Mollahs aurait pu orienter les dizaines de milliards de dollars – au bas mot – de la recherche nucléaire vers des projets structurants et vitaux. Cette obsession pour la bombe atomique, que de toute façon Israël et les USA ne laisseront jamais prospérer, est l'un des plus grands freins du développement, alors que le pays en a les moyens en termes de ressources naturelles et humaines… Mais ça allez le dire aux durs du régime dont le président dit réformateur s'est étrangement fait le porte-voix hier mercredi 23 juillet, avec un discours très belliqueux. Il l'a fait sans doute pour ne pas s'attirer les foudres de l'Ayatollah Ali Khamenei, une simple posture propagandiste mais qui expose dangereusement le pays. Les Mollahs louvoient et lambinent alors que les urgences des citoyens sont ailleurs.
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