Selon un rapport publié ce week-end par le quotidien israélien Yediot Aharonot, plus de 10 000 soldats israéliens reçoivent actuellement un traitement psychologique, en raison de troubles mentaux survenus après leur engagement dans la guerre lancée contre Gaza le 7 octobre 2023. Une alerte qui confirme une crise psychique profonde au sein de l'armée, notamment parmi les jeunes conscrits. Une flambée de cas de stress post-traumatique Parmi les chiffres dévoilés, 3 600 soldats souffrent officiellement de troubles de stress post-traumatique (PTSD), diagnostiqués par les services de santé militaire. En parallèle, 9 000 soldats supplémentaires ont saisi le ministère de la Défense en 2024 pour faire reconnaître leur statut de blessés psychiques. Ces données confirment une hausse inédite des affections mentales chez les militaires israéliens depuis le début du conflit. La majorité des cas concerne des jeunes engagés dans les combats intenses dans la bande de Gaza, où les conditions de guerre urbaine, les pertes humaines et l'exposition directe aux violences laissent des séquelles durables. Toujours selon le journal israélien, 18 000 militaires ont été recensés depuis octobre 2023 comme souffrant de blessures physiques ou psychologiques liées directement au conflit. Les hôpitaux militaires israéliens ont, de leur côté, accueilli 19 000 blessés, dont un grand nombre souffrant de crises nerveuses aiguës, d'attaques de panique ou de syndromes dissociatifs. Le traumatisme psychique devient un enjeu central pour la cohésion et l'efficacité de l'armée israélienne, à mesure que les opérations se prolongent. Plus de 12 000 soldats n'ont toujours pas pu être réintégrés sur le front en raison de leur état mental. Une crise durable aux effets encore incalculables D'après des estimations citées par Yediot Aharonot, jusqu'à 50 000 soldats et civils israéliens pourraient présenter des troubles psychiques sévères d'ici 2028, principalement ceux ayant participé à l'offensive militaire dans Gaza. Cette projection alarmante laisse entrevoir un fardeau social et sanitaire massif pour l'Etat hébreu dans les années à venir. Le rapport mentionne également un chiffre particulièrement préoccupant : 54 soldats israéliens se seraient suicidés depuis le début de la guerre, selon des sources médicales officielles. Ce taux élevé interpelle sur l'insuffisance des mécanismes de prévention et d'accompagnement psychologique au sein de l'armée. Alors qu'Israël poursuit une guerre largement condamnée à l'international pour ses effets dévastateurs sur la population civile de Gaza — entre bombardements, famines et déplacements forcés — les retours d'expérience des soldats engagés révèlent aussi un prix psychologique élevé pour la société israélienne elle-même. Les autorités militaires israéliennes font face à un double défi : maintenir le moral des troupes tout en gérant une crise mentale rampante qui fragilise l'appareil militaire de l'intérieur. En dépit des appels répétés de la Cour internationale de Justice et d'organisations humanitaires, l'escalade se poursuit, creusant chaque jour un peu plus les cicatrices visibles et invisibles d'un conflit qui redessine durablement la région... et ses mémoires traumatiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!