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Interview – Arnaud Le Gall : Ceux qui stigmatisent l'immigration divisent et affaiblissent la France
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

Après la publication d'un premier extrait consacré à la situation en Palestine et à la reconnaissance de l'Etat palestinien, Tunisienumérique poursuit la diffusion de son entretien exclusif avec le député français Arnaud Le Gall, élu de La France Insoumise dans la 9e circonscription du Val-d'Oise et secrétaire de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale.
Engagé de longue date pour les droits humains, la justice sociale et les relations solidaires entre la France et le Maghreb, Arnaud Le Gall partage dans cette interview une analyse tranchante de l'actualité politique française et internationale, avec un regard particulier sur la diaspora tunisienne, les questions migratoires, et les fractures idéologiques qui traversent le débat public.
L'interview sera publiée en plusieurs parties, couvrant aussi bien les politiques migratoires, les relations euro-maghrébines, l'Afrique francophone, la guerre en Ukraine, que la posture diplomatique de la France dans le monde post-COVID.
Q- La diaspora tunisienne en France compte des milliers d'ingénieurs, médecins, chercheurs, entrepreneurs, professeurs ou artistes. Pourtant, dans certains médias ou discours politiques, on parle surtout de « problèmes d'intégration » ou de « délinquance ». Que pensez-vous de cette fracture narrative ? Est-ce une forme d'injustice symbolique ?
ALG : La discrimination que vous pointez ne concerne pas seulement les Tunisiens et Franco-Tunisiens, mais plus largement les immigrés issus des « Suds », et leurs descendants nés français.
La seule spécificité relative au racisme anti-maghrébin est qu'il prend la plupart du temps la forme de l'islamophobie. L'image qui en est aujourd'hui donnée par la majorité des médias de masse (dont plusieurs sont détenus en France par quelques milliardaires ayant un agenda idéologique d'extrême droite), et par toute une partie du personnel politique, est systématiquement déformée.
On fait de « l'immigré » une sorte d'« ennemi de l'intérieur », on entretient les paniques identitaires. Comme si l'identité de la France était menacée. Au contraire, la nation française ne s'est pas construite sur une base ethnique, mais bien politique. Qui naît sur le sol français est Français. Cette disposition remontant à 1315, à l'Ancien Régime, a été reprise et amplifiée par la Révolution de 1789. Il suffit de regarder les projections démographiques pour comprendre que l'immigration est nécessaire en France.
Réduire l'immigration, maghrébine ou autre, à la délinquance est une opération idéologique, malhonnête et absurde. Toutes les études sérieuses montrent qu'il n'y a pas de lien entre immigration et délinquance. Cette manière d'aborder les populations issues de l'immigration est moralement inacceptable, bien sûr. Elle est simpliste et irréaliste, car elle ignore la complexité, la richesse et la force des liens qui relient aujourd'hui la France – « nation méditerranéenne », comme ne cesse de le rappeler à juste titre Jean-Luc Mélenchon, et la rive sud de la Méditerranée.
J'ajouterais qu'elle est également préjudiciable pour notre pays. Car les immigrés sont aussi des travailleurs, dont l'économie et la société françaises ont besoin. Au début du mois de juin, un article du Parisien rappelait que, dans certains secteurs « en tension », les employeurs se plaignaient de devoir licencier des employés étrangers qui donnaient entière satisfaction, et depuis plusieurs années, parce que la préfecture refusait de renouveler leurs papiers.
Et la question ne se limite pas aux métiers peu qualifiés : dans ma circonscription même, certains établissements de santé ne peuvent fonctionner que grâce à la présence et aux compétences de médecins étrangers, notamment tunisiens, dont la situation matérielle et administrative reste généralement compliquée. Pourquoi, alors, cette diabolisation des immigrés, et singulièrement des populations issues du Maghreb ?
C'est, je l'ai dit, une opération idéologique et politique de l'extrême-droite, dont la fonction historique a toujours été, en période de crise, de désigner l'« étranger » comme la cause unique de tous les maux. Des gens s'y laissent prendre. Et tout un pan du champ politique suit le mouvement.
Mais des millions de personnes en France sont mobilisées contre cette dérive raciste. Elles comprenent que l'unité populaire est la clé de la victoire pour changer les règles économiques, écologiques, institutionnelles, les mettre au service du grand nombre et non des 1% les plus riches.
Q- La gauche semble parfois absente ou timide sur ces sujets, laissant le terrain à l'extrême droite. Est-ce par calcul électoral, par gêne ou par peur ?
ALG : Une partie de la « gauche » française croit que pour combattre l'extrême droite, il faut lui faire des concessions. C'est cette logique, théorisée en son temps par une mouvance comme le « Printemps républicain », qui nous a valu, sous le quinquennat de François Hollande, le lamentable débat sur la déchéance de nationalité.
Aujourd'hui encore, quelques personnalités « de gauche » à la dérive jouent la carte – faussement – sécuritaire, ou identitaire, pour essayer de se distinguer et d'exister dans le jeu médiatique. Une autre partie de la gauche louvoie, et finit par être mécaniquement entraînée sur le terrain idéologique et donc sémantique de l'extrême droite. Parce qu'elle craint d'effaroucher une partie de l'électorat. Ou simplement par faiblesse, par paresse intellectuelle.
La France Insoumise a fait un choix radicalement différent. Nous n'esquivons pas. Nous n'emboîtons pas le pas à l'extrême droite : nous l'attaquons frontalement. Nous refusons d'intérioriser les réflexes racistes, ou de composer avec eux.
Contrairement à d'autres, nous ne séparons pas l'antiracisme et la lutte sociale. L'antiracisme est une lutte sociale. Tout cela relève d'un même impératif : défendre l'égalité, réaffirmer l'égale dignité et l'égal droit au bonheur de tous les individus. Si nous refusons le racisme, c'est par principe, parce qu'il est contraire à l'humanisme que nous voulons faire vivre.
Mais c'est aussi parce que le racisme, en divisant le peuple, en empoisonnant les esprits, rabougrit la France et affaiblit les luttes des classes laborieuses pour leurs droits.
L'oligarchie, qui se gave (songez, pour prendre ce seul exemple, que sous Macron le patrimoine des 500 familles les plus riches de France a doublé...), sait que sa domination ne peut être remise en question que par un peuple uni.
Donc elle fait tout pour le diviser. Et c'est ainsi que les néolibéraux classiques, c'est-à-dire le personnel politique macroniste, ont mécaniquement dérivé vers des positions qui étaient auparavant l'apanage de l'extrême droite.
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