Nouvelle impasse dans la péninsule coréenne. Dans une déclaration ferme relayée par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, Kim Yo Jong, sœur influente du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a rejeté catégoriquement les récentes initiatives de paix proposées par le président sud-coréen Lee Jae-myung. « La Corée du Nord n'est pas intéressée par les politiques ou les propositions de réconciliation venant de la Corée du Sud », a-t-elle déclaré, balayant d'un revers de main les efforts de dialogue engagés depuis l'investiture du nouveau président sud-coréen en juin dernier. Un climat tendu malgré un changement de cap à Séoul Le président sud-coréen Lee Jae-myung, élu en juin 2025, a tenté d'adopter une ligne plus conciliante vis-à-vis de Pyongyang que son prédécesseur. Il avait notamment suspendu les diffusions de messages hostiles via haut-parleurs le long de la frontière, une réponse qui faisait écho aux envois nord-coréens de ballons chargés de déchets vers le Sud. En retour, la Corée du Nord avait cessé son propre programme de propagande sonore, dont les tonalités inquiétantes perturbaient les populations frontalières. Mais ces gestes d'apaisement n'ont visiblement pas suffi à infléchir la position de Pyongyang. Dans sa sortie remarquée, Kim Yo Jong a estimé que « s'attendre à ce que toutes les conséquences de leurs actes soient effacées par quelques mots émotionnels relève d'un grave malentendu ». La ligne dure de Pyongyang contre les alliances avec Washington Kim Yo Jong, haute responsable du Parti des travailleurs de Corée et considérée comme l'une des principales voix du régime, a également critiqué l'engagement renouvelé de Lee Jae-myung envers l'alliance militaire entre Séoul et Washington. Selon elle, cela démontre que le nouveau président « ne diffère en rien de son prédécesseur au discours hostile ». Elle a qualifié ces propositions de « simples tentatives de dissimulation de comportements malveillants », et affirmé qu'elles « ne méritaient même pas d'être évaluées ». Pour Pyongyang, toute perspective de dialogue reste donc exclue. « Quelle que soit la politique menée par Séoul, nous n'y prêterons aucune attention et nous ne nous assiérons pas à la table des négociations », a-t-elle insisté. Un conflit gelé mais jamais résolu Rappelons que la Corée du Nord et la Corée du Sud sont techniquement encore en guerre. Le conflit de 1950-1953 s'est conclu par un simple armistice, sans qu'aucun traité de paix ne soit signé. La ligne de démarcation militaire reste l'une des frontières les plus militarisées du monde. En soutien à la Corée du Sud, les Etats-Unis maintiennent aujourd'hui près de 28 000 soldats sur le sol sud-coréen. Cette présence, destinée à dissuader toute agression du Nord, est régulièrement dénoncée par Pyongyang comme une provocation. Ainsi, la nouvelle déclaration de Kim Yo Jong sonne comme une fin de non-recevoir aux velléités de rapprochement prônées par Séoul. Malgré les gestes symboliques du président Lee Jae-myung, la Corée du Nord semble résolue à maintenir une position de fermeture tant que l'alliance militaire avec les Etats-Unis reste intacte. À l'heure où la péninsule coréenne demeure l'un des points chauds les plus sensibles du globe, cette déclaration rappelle la fragilité extrême de toute initiative diplomatique dans la région. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!