Un vent de discorde souffle sur l'Europe après la signature d'un accord controversé sur les droits de douane entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Ce lundi 28 juillet, le Premier ministre français François Bayrou a vivement réagi à cette annonce, parlant sur X (ex-Twitter) d'un « jour sombre » pour l'Europe et dénonçant un « acte de soumission » face à Washington. Un compromis douanier à 15 % Conclu avec l'administration américaine de Donald Trump, l'accord prévoit la fixation d'un droit de douane uniforme de 15 % sur la plupart des biens échangés entre les deux blocs. Cette décision vise officiellement à mettre fin aux tensions commerciales croissantes qui menaçaient les relations transatlantiques depuis plusieurs années. Mais pour de nombreux responsables européens, cet accord s'apparente davantage à un recul stratégique qu'à un progrès diplomatique. Bayrou en première ligne contre ce « déséquilibre » François Bayrou, chef du gouvernement français depuis les dernières législatives anticipées, n'a pas mâché ses mots. Dans un message publié tôt dans la matinée, il affirme que « lorsqu'une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission, il s'agit d'un jour sombre ». Le Premier ministre critique non seulement le contenu de l'accord, jugé désavantageux pour l'industrie européenne, mais aussi la méthode de négociation, perçue comme unilatérale et déséquilibrée. Un tournant dans la relation transatlantique Selon les termes publiés par la Commission européenne, cet accord viserait à « stabiliser les relations commerciales dans un contexte géopolitique incertain » tout en préservant les intérêts stratégiques de l'Union. Pourtant, l'alignement sur des taux douaniers souhaités depuis plusieurs mois par l'administration Trump est interprété par plusieurs analystes comme une concession majeure aux Etats-Unis. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs eurodéputés et ministres de pays membres ont exprimé leur réserve, notamment dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'aéronautique et de l'automobile, potentiellement exposés à une concurrence accrue et à une remise en question des normes européennes. Un débat européen à venir Cette prise de position de François Bayrou pourrait relancer les discussions au sein du Conseil européen, d'autant que la France semble en décalage avec d'autres Etats membres plus favorables à cet accord, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas. Le gouvernement français pourrait, selon des sources diplomatiques, demander des garanties supplémentaires ou des ajustements dans la mise en œuvre du texte, notamment en matière de protection des filières sensibles. Ainsi, alors que les relations entre Bruxelles et Washington semblaient vouloir s'apaiser, cet accord douanier ravive les tensions au sein même de l'Union européenne. Pour François Bayrou, le prix à payer pour la stabilité commerciale semble trop élevé. Reste à savoir si ses mots trouveront un écho suffisant pour infléchir la stratégie européenne dans les prochains mois. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!