À partir du lundi 4 aout 2025, la Belgique met en œuvre un durcissement historique de sa politique d'asile, amorçant une réforme jugée parmi les plus profondes du Royaume en matière de migration. Les réfugiés ayant obtenu un statut de protection dans un autre pays de l'Union européenne ne pourront plus demander l'asile en Belgique, a confirmé la ministre des Réfugiés Anneleen Van Bossuyt, qualifiant ces mesures de « mesures de crise ». Ces dispositions, validées par le Parlement fédéral le mois dernier, marquent une rupture avec les précédentes approches humanitaires. À la veille de l'entrée en vigueur de la loi, la ministre a déclaré : « L'asile est une protection. Ceux qui l'ont obtenue ailleurs ne doivent pas pouvoir accéder à nos refuges. L'ère du trafic de protection doit prendre fin. » Une réforme à plusieurs niveaux Outre l'exclusion automatique des demandeurs déjà protégés dans un autre Etat membre, la réforme prévoit une accélération du traitement des demandes d'asile et un refus systématique pour toute personne précédemment déboutée dans un pays de l'UE. À partir du mois d'août, de nouvelles mesures viendront s'ajouter : * Les prolongations du statut de réfugié ne seront plus possibles pour les parents ou mineurs sans motif justifié. * Les conditions de regroupement familial seront considérablement restreintes, avec des critères plus stricts pour les étrangers résidant en Belgique. Ces évolutions traduisent une volonté politique affirmée de freiner les flux migratoires, au moment où le système d'accueil belge est sous forte pression. D'après les chiffres des autorités, la Belgique a enregistré plus de 28 000 demandes d'asile en 2024, un chiffre en légère baisse par rapport à l'année précédente, mais toujours au-dessus de la moyenne européenne. Une politique migratoire plus stricte dans un contexte de réformes sociales Ce durcissement s'inscrit dans une stratégie plus large de réformes sociales impopulaires, engagées par le nouveau gouvernement belge. Parmi les mesures les plus controversées figurent : * Le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite, * La réduction progressive des allocations de chômage, * Et la limitation de leur durée à deux ans pour les personnes valides. Parallèlement, les dépenses administratives de l'Etat sont appelées à être réduites, y compris dans les services liés à l'accueil des demandeurs d'asile. Ces choix suscitent de vifs débats en Belgique et au sein de l'Union européenne. Les ONG et associations de défense des droits des migrants alertent sur les risques d'exclusion, de précarisation et sur les atteintes aux droits fondamentaux. À l'inverse, les partisans de la réforme estiment qu'il s'agit d'un signal nécessaire pour préserver la viabilité du système social belge. En limitant l'accès à l'asile à ceux déjà protégés ailleurs et en durcissant les conditions d'accueil, la Belgique se positionne dans le sillage de plusieurs Etats membres qui adoptent une ligne plus restrictive sur la migration. Cette réforme devrait continuer à alimenter le débat européen sur la solidarité, les responsabilités partagées et les valeurs humanitaires au sein de l'UE. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!