L'Algérie a exprimé, lundi soir, son opposition ferme à une mesure temporaire proposée par le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, qu'elle qualifie de « discriminatoire ». Cette disposition vise exclusivement les employés algériens accrédités chargés d'accéder aux zones réservées des aéroports français pour le transport ou la réception de la valise diplomatique. Selon l'Agence de presse algérienne (APS), citant une source informée, la Direction générale du protocole du ministère algérien des Affaires étrangères a reçu, le 7 août, une note verbale de la diplomatie française présentant ce projet de mesure. Celle-ci prévoit que tout employé algérien mandaté pour transporter ou réceptionner la valise diplomatique soit systématiquement accompagné par des agents de police, et qu'une demande écrite préalable soit déposée auprès du ministère français au moins 48 heures avant chaque opération. La même source souligne que cette mesure entre en contradiction avec l'engagement de la France à garantir le bon fonctionnement des missions diplomatiques et consulaires présentes sur son territoire, et entrave les activités de la mission diplomatique et des consulats algériens en France. Elle rappelle que l'article 25 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques oblige l'Etat accréditaire à faciliter l'accomplissement des fonctions diplomatiques, tandis que l'article 5 de la Convention de Vienne sur les relations consulaires impose à l'Etat hôte de permettre aux bureaux consulaires d'exercer librement leurs fonctions. Le ministère algérien des Affaires étrangères dénonce également une mesure ciblant uniquement la mission diplomatique algérienne à Paris, ignorant la situation des consulats algériens en France, dont les employés ne disposent déjà pas de cartes d'accès permanentes aux zones aéroportuaires réservées pour la valise diplomatique. Cette disposition, estime Alger, viole le principe de non-discrimination consacré par l'article 47 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et l'article 72 de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. En conséquence, l'Algérie rejette catégoriquement cette mesure temporaire et affirme que la seule solution conforme aux engagements internationaux et bilatéraux de la France consiste à rétablir les cartes d'accès permanentes au profit des employés de sa mission diplomatique et de ses consulats en France. Alger précise qu'une fois ces cartes rétablies, elle lèvera de son côté les mesures équivalentes appliquées dans le strict respect du principe de réciprocité. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!