C'est l'une des annonces spectaculaires de la réunion à la Maison-Blanche hier lundi 18 août, entre le président américain, son homologue ukrainien et 7 leaders européens. Le président russe, Vladimir Poutine, à la surprise générale, a proposé au chef de l'Etat ukrainien, Volodymyr Zelensky, un round de négociations directes… mais chez lui, à Moscou. Il a fait cette proposition très inattendue quand le président Donald Trump l'a appelé en pleine réunion avec les dirigeants européens. Tout le monde était parti pour une rencontre trilatérale, entre les présidents américain, russe et ukrainien. Le maître du Kremlin a alors sorti de son chapeau cette offre qui n'avait aucune chance d'être acceptée par Zelensky. Je parle du choix de Moscou pour abriter la réunion. Zelensky s'est dit prêt à accepter tous les formats que proposera le Kremlin, sans condition, mais certainement pas la capitale russe pour négocier avec Poutine. La Suisse est disposée à organiser cette rencontre et à accorder l'immunité au président russe, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour la déportation de quelque 20 000 enfants ukrainiens. Reste à savoir si Poutine en dépit de ces assurances prendra le risque d'atterrir en Suisse. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, frappé par le même mandat d'arrêt, a dû obtenir l'aval de la France et d'autres pays pour prendre l'avion direction Washington. Le président russe est moins téméraire, depuis qu'il est traqué par la CPI il a esquivé tous les sommets internationaux, même ceux organisés chez ses partenaires des BRICS. Par ailleurs il savait pertinemment que sa proposition sur Moscou serait fermement rejetée par Kiev. Est-ce qu'il s'est livré à une manoeuvre dilatoire pour flouer Trump et les Européens, et fuir comme la peste toute négociation sérieuse ? « Wait and see« … Ce qu'on sait c'est que Poutine a gardé un très mauvais souvenir de son unique rencontre avec Zelensky, le 9 décembre 2019 à Paris. Le président Emmanuel Macron s'était donné beaucoup de mal pour les réunir autour de la même table, la réunion avait tourné court, aucun accord n'en était sorti. Le président ukrainien avait proposé un texte technique et détaillé, le maître du Kremlin avait refusé net de s'engager. Et d'ailleurs que vaut son engagement quand on voit ce qu'il a fait du Mémorandum de Budapest (en 1994) et des Accords de Minsk (2014 et 2015) ? Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!