Peindre un mur pour stopper l'immigration clandestine : c'est la dernière trouvaille de l'administration américaine. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé mardi que l'ensemble du mur frontalier entre les Etats-Unis et le Mexique serait recouvert de peinture noire. Objectif affiché : chauffer le métal et compliquer la tâche de ceux qui tenteraient de l'escalader. « Cela a été spécifiquement demandé par le président Trump », a expliqué Kristi Noem, rouleau de peinture à la main, devant les caméras de CBS News. L'idée est simple : quand il fait chaud, le noir attire encore plus de chaleur. Résultat : un mur brûlant, presque comme une poêle à frire en plein soleil du Nouveau-Mexique. De quoi, selon elle, décourager toute tentative de passage. Un mur de 46 milliards de dollars et… un pot de peinture Au-delà du symbole, la facture est salée : 46 milliards de dollars ont été votés cet été pour achever ce projet, grâce au « One Big Beautiful Bill Act ». À raison de 800 mètres construits par jour, les équipes avancent vite, tout en imaginant des variantes adaptées à la topographie, voire des « murs flottants » sur le Rio Grande. Mais dans un budget aussi astronomique, la peinture noire devient l'accessoire phare, censé protéger le métal de la rouille et dissuader les migrants. Après tout, pourquoi miser sur la diplomatie, les accords régionaux ou les politiques sociales quand on peut dégainer… un pot de peinture ? Une dissuasion par la couleur Selon les autorités, l'idée n'est pas seulement de renforcer la sécurité, mais aussi de donner un aspect visuellement intimidant à ce rempart de plus de 3 200 kilomètres. Une innovation qui rappelle, par son audace minimaliste, l'invention de la roue : simple, mais efficace — du moins en théorie. Ironie du calendrier : cette annonce intervient alors que les chiffres de l'immigration illégale sont en chute libre. En juin, un peu plus de 6 000 migrants ont été interceptés sur tout le mois, loin des pics à 6 000 arrestations par jour sous l'administration Biden. Le mur repeint risquerait donc de protéger les Etats-Unis… d'un problème qui semble déjà se résorber. Quand la politique devient une fresque murale La ministre Kristi Noem insiste : « Nous allons peindre tout le mur de la frontière sud en noir afin d'inciter les individus à ne pas entrer illégalement dans notre pays ». Dans ce cas, pourquoi s'arrêter là ? Peut-être qu'en ajoutant des piques fluorescentes, des graffitis dissuasifs ou quelques projecteurs multicolores, le mur deviendrait une véritable installation artistique anti-migrants. Au-delà du sérieux affiché, ce choix révèle une certaine logique : après avoir fait du mur un totem politique, l'administration Trump le transforme en œuvre monumentale, à mi-chemin entre la forteresse et le barbecue géant. De quoi griller définitivement tout espoir de passage. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!