L'ambassadeur des USA en France, le sulfureux Charles Kushner, a pris ses fonctions il y a à peine 3 mois et il fait déjà de sacrées vagues. L'homme est convoqué ce lundi 25 août pour avoir pondu une lettre détonante sur le poison de l'antisémitisme en France et le laxisme coupable des autorités face à ce fléau. L'attaque est tombée directement dans le jardin du chef de l'Etat, Emmanuel Macron. Dans d'autres contrées pour beaucoup moins que ça les ambassadeurs sont virés illico presto et le pays offensé rappelle son émissaire... Paris n'osera pas affronter le courroux de Trump Mais ces pays ce n'est pas la France et on ne se débarrasse pas comme ça de l'Envoyé de l'homme le plus puissant de la planète, le président américain, Donald Trump. Ce dernier est connu pour sa brutalité et les traitements très spéciaux qu'il réserve à ceux qui troublent son sommeil. Paris n'osera pas titiller la Maison-Blanche. C'est Washington qui dicte sa loi à l'Europe, au monde, personne n'impose rien à Trump. Donc pour ceux qui s'inquiéteraient du sort de Kushner il n'y a aucun suspense, il s'en tirera avec une petite tape amicale sur les mains... et une tape à l'épaule en sortant du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui est plus un homme de dialogue qu'autre chose. Ce sera tout. Une tempête dans un verre d'eau. Paris a beau s'indigner face à l'analyse «erronée» et «abjecte» de l'ambassadeur américain, et clamer qu'elle «ne demeurera pas sans réponse», Barrot en restera là. Que peut-on attendre de la France face à la puissance de feu de la Maison-Blanche ? Par ailleurs en plus de la proximité idéologique entre Trump et Kushner c'est une affaire de sang. Rappelons que l'ambassadeur américain est le papa du très influent Jared Kushner, marié depuis 2009 à Ivanka Trump, la fille du président. Ce dernier l'a installé à dessein à Paris, il voulait qu'il provoque des remous, jusqu'au palais de l'Elysée, ça démarre fort. Le républicain a placé ses amis les plus coriaces dans les postes clés à l'étranger : à l'ONU, à l'Union européenne, en Israël, en France, etc. Que des personnages taillés pour le combat, quels qu'ils soient. Donc clairement Charles Kushner fait ce que la Maison-Blanche attend de lui, ce pour quoi il a été nommé. Et vu le pedigree du bonhomme Paris n'est pas au bout de ses peines. Dans son message laconique pour annoncer la désignation de Kushner en décembre dernier Trump l'a introduit comme «un chef d'entreprise génial, un philanthrope et un négociateur hors pair». Il est vrai que l'homme est un magnat de l'immobilier à la tête d'un mastodonte familial dont la valeur est évaluée à 7,1 milliards de dollars, d'après Forbes. Le président ne s'est pas épanché sur l'argent décaissé par le businessman pour le refaire réélire... On n'a jamais vu de telles horreurs chez un ambassadeur Trump a enjambé les casseroles judiciaires de ce «pilier de la communauté juive» dans son Etat du New Jersey et ami du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a même dormi chez lui lors d'un de ses voyages aux USA. Kushner a eu maille à partir avec la justice américaine dans les années 2000. Il a reconnu sa culpabilité dans une quinzaine de chefs d'accusation. In fine il écopa de 2 ans de prison en 2005, pour évasion fiscale, financement illégal de campagnes électorales et subornation de témoins. C'est cette dernière condamnation qui est la plus infâmante. En effet pour bloquer un témoignage accablant le promoteur immobilier est allé jusqu'à exercer un chantage sur son beau-frère. Il lui a jeté dans les bras une prostituée payée pour filmer discrètement. Kushner a franchi toutes les lignes rouges en envoyant la sextape à sa propre sœur, qui l'a réceptionnée le jour des fiançailles de son fils… Ce dossier est «l'un des crimes les plus répugnants et les plus dégoûtants que j'ai traités», avait commenté Chris Christie, l'ex-gouverneur du New Jersey et procureur dans cette affaire. Donald Trump a lavé Charles Kushner à grande eau en décembre 2020, en le graciant et en blanchissant son casier judiciaire juste avant son départ de la Maison Blanche. L'homme d'affaires avait lui-même reconnu lors de son audition au Sénat en mai 2025, pour confirmer sa nomination à Paris, qu'il avait commis une «très, très, très grave erreur». Mis à part ces dérapages il n'a pas la moindre expérience diplomatique, mais les postes d'ambassadeurs «très convoités comme celui à Paris» sont «souvent» réservés à des «donateurs» ou à des «alliés politiques des présidents américains». Ainsi va la politique aux USA. Trump disait de Macron, assis à sa droite le 18 août 2025 à la Maison-Blanche, qu'il est son dirigeant européen préféré (il y en avait 7 autres autour de la table) et qu'il «l'apprécie de plus en plus au fil du temps, ce qui est rare chez lui». Le républicain a une étrange façon de le démontrer, en choisissant Charles Kushner pour Paris. Avec un tel personnage dans les pattes le président français a beaucoup de souci à se faire.
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