Le principal négociateur commercial japonais, Ryosei Akazawa, a annulé à la dernière minute, ce jeudi, une visite prévue à Washington, provoquant un nouveau retard dans les discussions visant à finaliser une enveloppe d'investissements de 550 milliards de dollars promise par Tokyo en contrepartie d'un allègement des droits de douane américains jugés punitifs. Cette visite devait permettre d'aboutir à une confirmation écrite des conditions de l'accord, notamment sur la répartition des revenus issus de ces investissements entre les deux pays. Des divergences persistantes sur les modalités Le ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, a indiqué qu'une annonce serait faite d'ici la fin de la semaine concernant ces investissements. Cependant, le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshimasa Hayashi, a justifié l'annulation du déplacement par la nécessité de régler « certains points à discuter au niveau administratif » dans le cadre des échanges avec Washington. L'accord, conclu en juillet dernier, prévoit une réduction des droits de douane américains appliqués aux produits japonais, de 25 % à 15 %, à compter du 1er août, en échange d'un engagement massif de Tokyo sous forme de prêts et garanties soutenus par l'Etat japonais. Mais la mise en œuvre pratique de ce dispositif reste encore floue. Trump revendique l'accord, Tokyo demande des garanties Le président Donald Trump, qui a largement promu cette entente, l'a présentée comme « nos fonds d'investissement », affirmant que les Etats-Unis conserveraient 90 % des bénéfices. Une version contestée par Tokyo, qui insiste pour que les projets soient évalués en fonction de leur intérêt pour le Japon également. Les responsables japonais réclament en particulier un décret présidentiel amendé afin de lever certaines taxes croisées sur leurs exportations, avant de signer un document conjoint détaillant le plan d'investissement. Washington a accepté de modifier le décret du 31 juillet, afin que le taux réduit de 15 % ne s'applique pas aux produits déjà soumis à des taxes plus élevées, comme la viande bovine. Les autorités américaines ont également confirmé la préparation d'un nouvel ordre présidentiel visant à ramener les droits sur les voitures japonaises de 27,5 % à 15 %, sans toutefois préciser de calendrier. Une économie japonaise sous pression Le Japon demande également une baisse des droits sur les pièces détachées automobiles, alors que ses exportations ont enregistré en juillet leur plus forte baisse mensuelle en quatre ans, pénalisées par la chute des livraisons vers les Etats-Unis. Cette situation a conduit Tokyo à réviser ses prévisions de croissance pour 2025, abaissées de 1,2 % à 0,7 %. Selon des sources proches du dossier citées par Reuters, Ryosei Akazawa pourrait se rendre à Washington dès le début de la semaine prochaine, une fois les points de friction réglés. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!