Les autorités talibanes ont annoncé que la présence de photos de femmes sur les cartes nationales d'identité ne serait plus obligatoire en Afghanistan, sauf pour celles vivant à l'étranger ou voyageant pour des soins médicaux. Une décision qui suscite une vague de critiques parmi les défenseurs des droits des femmes, dénonçant une nouvelle atteinte à leur reconnaissance et à leur égalité. Une décision religieuse qui annule les règles administratives Le décret a été publié par la Dar al-Ifta, l'autorité religieuse des talibans, affirmant que l'ajout de photos était « contraire à la charia » lorsqu'il ne s'agissait pas d'un besoin strict. Selon ce texte, pour les affaires juridiques, le nom de la femme accompagné de ceux de son père et de son grand-père, ainsi que son adresse, suffisent à établir son identité. Cette décision annule les directives précédentes de l'Autorité nationale des statistiques et de l'information, qui avait défendu le caractère obligatoire des photos pour prévenir la fraude, faciliter les déplacements et se conformer aux normes internationales. Sur les onze justifications avancées, dix ont été rejetées par les religieux comme étant « non islamiques ». Une nouvelle régression des droits des femmes Les photos restent volontaires pour les Afghanes qui souhaitent les inclure. Mais pour de nombreuses militantes, ce choix imposé par défaut constitue un nouveau recul des droits. Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans ont progressivement restreint les libertés des femmes : fermeture des écoles secondaires et des universités pour les filles, interdiction d'exercer de nombreuses professions et restrictions sévères sur la mobilité. Cette mesure est perçue comme une forme supplémentaire d'invisibilisation des femmes dans l'espace public. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont dénoncé une décision discriminatoire qui prive les Afghanes d'une reconnaissance administrative élémentaire. Vives réactions sur les réseaux et appels à la communauté internationale La décision a immédiatement suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux, où de nombreuses voix ont appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à ce qu'elles qualifient de « négation de l'existence des femmes ». Des militantes afghanes réclament que les documents d'identité soient délivrés sans restrictions liées au genre, et qu'ils respectent les principes d'égalité. Elles soulignent que l'absence de photos complique l'accès aux services de base, accroît le risque d'usurpation d'identité et marginalise encore davantage les femmes. En rendant les photos facultatives sur les cartes d'identité des femmes, les talibans poursuivent leur politique de marginalisation systématique. Pour les défenseurs des droits humains, il s'agit d'une étape supplémentaire dans l'effacement des Afghanes de la sphère publique, dans un pays où l'accès à l'éducation, au travail et à la reconnaissance légale leur est déjà largement interdit. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!