La démission du Premier ministre Shigeru Ishiba continue de secouer la scène politique et économique japonaise. Le Parti libéral-démocrate (LDP) doit désigner un nouveau chef lors d'un scrutin interne fixé au 4 octobre, une période d'incertitude qui se traduit déjà sur les marchés financiers. Le yen sous pression La monnaie japonaise a reculé face aux principales devises. Le dollar s'est échangé autour de 147,63 yens, tandis que l'euro et la livre ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis plus d'un an contre le yen, respectivement 173,13 yens et 199,53 yens. Cette faiblesse reflète l'idée que la Banque du Japon pourrait retarder un éventuel resserrement monétaire en raison de l'instabilité politique. Les obligations d'Etat japonaises à long terme affichent des rendements élevés. Le 30 ans a touché 3,285 % et le 20 ans 2,69 %, des niveaux rarement observés depuis la fin des années 1990. Ces tensions sur les taux rendent plus coûteux le financement de l'Etat et des entreprises, accentuant la nervosité des investisseurs. L'indice Nikkei avait atteint un sommet historique de 43 876 points le 19 août, avant de redescendre à 43 018 points en fin de semaine dernière. Les investisseurs attendent désormais de connaître l'orientation du futur gouvernement, notamment sur les questions budgétaires et de soutien à l'économie. Une succession ouverte La course pour remplacer Ishiba est lancée. Toshimitsu Motegi a annoncé sa candidature, tandis que Sanae Takaichi, connue pour ses positions conservatrices et son soutien à une politique budgétaire plus expansionniste, apparaît parmi les favorites. Shinjiro Koizumi et Yoshimasa Hayashi sont également pressentis. Le choix du futur Premier ministre pourrait influencer la trajectoire de la Banque du Japon : une victoire d'un profil favorable à la relance retarderait encore la perspective d'une hausse des taux. Un yen plus faible renforce la compétitivité des exportations japonaises, mais renchérit les importations libellées en dollars, en particulier l'énergie. La hausse des rendements obligataires au Japon pourrait également réorienter une partie des flux financiers mondiaux, pesant sur les actifs risqués et certaines devises émergentes. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!