« Ça fait de l'huile d'olive et du couscous poulet« , a chanté la star Marc Lavoine dans son célèbre tube « C'est ça la France« . Cette France n'est pas celle de CNews, elle n'est pas celle de ceux qui tirent sur le maire de Marseille, Benoît Payan, juste pour avoir dégusté un couscous dans un festival culinaire de la ville. Pour avoir pris part à un événement qui honorait ce plat inscrit dans le patrimoine méditerranéen Payan a été menacé de mort… «L'impunité doit cesser». Le maire de Marseille est monté au front ce lundi 8 septembre pour dénoncer le déluge de menaces de mort et insultes après sa participation au Festival Kouss Kouss, créé en 2018, en partenariat avec l'Office du Tourisme et la ville de Marseille. L'édile s'y est rendu avant la clôture de la manifestation, hier dimanche 7 septembre. Payan ne s'est pas démonté, il fait face en pointant nommément les ennemis du vivre-ensemble. Le maire de Marseille a publié les noms ou pseudonymes de ses détracteurs. «À raser et pendre haut et court à la libération», dit un des messages republié sur X. «Le premier à déporter», mentionne un autre message hideux partagé par Payan sur Instagram… Un autre taxe le maire «d'idiot utile des Frères musulmans», accompagnant le texte avec le cliche d'une exécution par pendaison. «Menacé de mort pour avoir mangé un couscous dans le cadre d'un festival marseillais de cuisine, je ne céderai évidemment rien et jamais. Marseille est une ville du vivre-ensemble et nous ferons tout pour que cela continue, malgré les intimidations, extrême droite ou pas», a répliqué droit dans ses bottes le maire divers gauche. Payan n'est pas seul dans son combat, de nombreux élus de gauche lui ont témoigné leur solidarité. Le maire (Génération. s) de Trappes Ali Rabbeh condamne le «climat et les discours racistes décomplexés», il a appelé à «organiser la riposte». Le candidat du Parti socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a également fait part de son soutien, dénonçant le fait que «partout, celles et ceux qui défendent une société bienveillante et de solidarité sont pris pour cibles». Sébastien Delogu, député de la France insoumise des Bouches-du-Rhône, un ami des pays du Maghreb, s'est joint aux soutiens du maire : «Menacé de mort pour un couscous. Benoît Payan, aucun de nos désaccords politiques ne doit surpasser la nécessité de faire bloc face aux attaques des racistes, des pro-génocide et de l'extrême droite. Tu as mon soutien et celui des insoumis face à ces menaces ignobles». Voilà, toute cette déferlante de haine pour quelques graines de couscous, dans une ville censée incarner le brassage culturel, le cosmopolitisme, le métissage à marche forcée, que ça plaise ou non aux xénophobes. Ce couscous que même de hauts responsables ne veulent pas voir, à l'instar de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Ce 8 septembre elle a d'autres urgences : la survie de son maroquin, avec le vote de défiance qui leur pend au nez. Cette crise politique pourrait enfanter du pire, si dissolution et législatives anticipées il y a, voire une élection présidentielle si le blocage persiste. Les sympathisants du Rassemblement national se vautrent déjà dans la gadoue de la haine primaire, que dire si Marine Le Pen et Jordan Bardella prennent toutes les rênes du pays.
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