Le gouvernement espagnol a présenté mardi un avant-projet de loi qui marque un tournant majeur dans la lutte contre le tabagisme. Le texte prévoit l'interdiction de fumer et de vapoter sur les terrasses, mais aussi dans les parcs, les festivals et concerts, sur les campus universitaires, aux arrêts de bus, près des écoles – à moins de quinze mètres – ainsi que dans les piscines extérieures et à proximité des gares et centres médicaux. « Aujourd'hui, nous faisons un pas important dans la lutte contre le tabagisme », a déclaré la ministre de la Santé Mónica García lors de la conférence de presse suivant le conseil des ministres. Elle a précisé que l'objectif principal était d'élargir les espaces sans fumée pour protéger les non-fumeurs et réduire l'exposition passive au tabac. L'avant-projet prévoit également d'interdire aux mineurs non seulement l'achat, mais aussi la consommation de tabac et de produits assimilés. Par ailleurs, le texte entend renforcer les restrictions publicitaires : toute promotion, parrainage ou communication liée au tabac serait bannie, y compris sur les réseaux sociaux et dans les lieux de loisirs tels que bars, discothèques ou terrasses. Logos, enseignes et références aux marques de tabac pourraient disparaître de l'espace public si la loi est adoptée. L'Espagne, où environ 26 % de la population adulte fume quotidiennement selon un rapport sanitaire de 2024, reste l'un des pays européens où la prévalence du tabagisme demeure élevée malgré une baisse constatée ces dernières années. Le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez veut ainsi franchir une nouvelle étape en s'alignant sur des politiques de santé publique plus restrictives déjà appliquées dans d'autres pays européens. Et la Tunisie ? À l'inverse, en Tunisie, le laisser-aller face au tabagisme inquiète de plus en plus les spécialistes de la santé. Les interdictions dans les lieux publics restent peu respectées, les campagnes de sensibilisation sont sporadiques et le contrôle demeure quasi absent. Résultat : la cigarette est omniprésente dans les cafés, les terrasses et même parfois aux abords des établissements scolaires. Ce manque de fermeté constitue un danger croissant pour la santé publique, notamment pour les jeunes exposés dès le plus jeune âge au tabagisme passif, accentuant les risques de maladies cardiovasculaires et respiratoires à long terme. Cet avant-projet espagnol doit encore passer par une navette parlementaire et pourrait être amendé, voire bloqué. Mais il illustre une volonté affirmée de réduire l'empreinte du tabac dans les espaces publics et de protéger les générations futures – un exemple qui pourrait inspirer la Tunisie dans sa propre lutte contre ce fléau sanitaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!