Une nouvelle tempête diplomatique secoue la région. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a ouvert une crise majeure avec l'Egypte en évoquant publiquement la possibilité pour les Palestiniens de Gaza de traverser la frontière via le poste de Rafah. Une déclaration perçue au Caire comme une tentative de transférer le poids de la catastrophe humanitaire sur son voisin égyptien. Des accusations explosives Selon le quotidien israélien Haaretz, Netanyahu tente de présenter ce qui pourrait s'apparenter à un transfert de population – considéré par le droit international comme un crime de guerre – sous l'angle d'un geste humanitaire. Il invoque le « droit des habitants de Gaza à la liberté de mouvement », tout en accusant l'Egypte de bloquer leur sortie. Le journal dénonce une manœuvre « sournoise » visant à détourner les responsabilités d'Israël. De son côté, Israel Hayom souligne que ces propos touchent un point névralgique pour Le Caire : la crainte d'un afflux massif de réfugiés palestiniens et la pression économique qui en découlerait. L'Egypte a réagi immédiatement par une condamnation officielle, accusant Netanyahu de chercher à prolonger le conflit et à se défausser de ses responsabilités sur Gaza. Des tensions bilatérales aggravées La situation s'est envenimée après que le bureau du Premier ministre israélien a persisté dans sa rhétorique, suggérant que l'Egypte maintient les Palestiniens « enfermés » contre leur gré. Netanyahu a même laissé entendre que les exportations de gaz israélien vers l'Egypte pourraient être retardées, une menace directe pour une coopération énergétique qui s'appuie sur les accords de paix signés en 1979. Ce durcissement intervient alors que l'armée israélienne intensifie ses frappes sur Gaza dans le cadre de la deuxième phase de l'opération « Chariots de Gideon », marquée par des bombardements massifs sur les immeubles résidentiels et des pressions accrues sur les civils pour qu'ils se déplacent vers le sud de l'enclave. Une stratégie à haut risque Les deux journaux israéliens avertissent que Netanyahu, déjà isolé sur la scène internationale, prend le risque d'entrer dans une période d'isolement diplomatique encore plus marqué. Haaretz critique ouvertement un Premier ministre prêt à fragiliser la plus importante des conventions de paix régionales pour des gains politiques à court terme. Le chroniqueur Yoav Limor, dans Israel Hayom, rappelle que cette ligne dure inquiète non seulement l'Egypte, mais aussi les acteurs sécuritaires israéliens et les familles de soldats retenus en otage. Selon lui, Netanyahu privilégie désormais les coups d'éclat médiatiques et les discours provocateurs – allant jusqu'à reconnaître récemment le génocide arménien, ce qui a provoqué une nouvelle crise avec la Turquie – au détriment d'une stratégie diplomatique durable. Vers un isolement accru Alors que les combats s'intensifient et que les vagues de déplacements internes compliquent la situation humanitaire à Gaza, l'attitude du gouvernement israélien accentue les risques d'instabilité régionale. Les observateurs soulignent que, sans inflexion vers des solutions diplomatiques fondées sur le droit international et la coopération régionale, Israël pourrait entrer dans une phase d'isolement croissant, accompagnée de pressions internes de plus en plus fortes. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!