L'ancien diplomate tunisien Abdallah Abidi a réagi, ce jeudi 11 septembre 2025, aux déclarations du Premier ministre israélien Benjamín Netanyahu, qui avait vivement critiqué le rôle du Qatar dans l'accueil de responsables du mouvement Hamas. Doha avait dénoncé ces propos, les qualifiant de « téméraires » et d'« inacceptables », en rappelant que son rôle d'hôte s'inscrivait dans un cadre de médiation entre Israël et le Hamas. « Israël ne respecte ni alliances ni amitiés » Dans une déclaration à Tunisie Numérique, Abidi a affirmé ne pas être surpris par ce type de comportement, même à l'égard des pays traditionnellement considérés comme proches d'Israël, tels que la France ou le Royaume-Uni. Selon lui, l'histoire montre que l'Etat hébreu n'hésite pas à agir unilatéralement, citant l'assassinat de militants palestiniens dans divers pays à travers le monde. Il a ajouté que, contrairement à certains dirigeants arabes qui croient que l'argent ou les relations personnelles peuvent influencer la position israélienne, Tel-Aviv agit de manière institutionnelle et stratégique, tandis que le monde arabe reste divisé et limité à des déclarations de façade. Une critique sévère de l'inaction arabe Pour Abidi, la Ligue arabe aurait dû se réunir en urgence dès hier, suite à l'attaque verbale visant le Qatar, car elle demeure la seule organisation régionale englobant l'ensemble des pays arabes. Or, selon lui, ces Etats se contentent de commenter les déclarations de dirigeants occidentaux tels que Donald Trump ou Netanyahu, au lieu de définir une position ferme susceptible d'influencer leurs partenaires américains et européens. Il a salué, toutefois, la déclaration du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, jugée inédite, qui a appelé à une réaction arabe proportionnée au défi posé par Israël. Selon Abidi, cette prise de position traduit une inquiétude croissante de Riyad face à la possibilité d'être elle-même ciblée. « Aucun pays arabe ou musulman n'est à l'abri » L'ancien diplomate a mis en garde contre la gravité des menaces israéliennes envers le Qatar, malgré ses relations étroites avec Washington. Il y voit la preuve qu'aucun Etat arabe ou musulman n'est à l'abri de telles attaques, l'objectif ultime étant, selon lui, de soumettre le monde islamique, à l'image de ce qui s'est produit avec l'Occident. Evoquant l'Iran, qui a appelé les pays musulmans à rompre leurs relations avec Israël après avoir subi 12 jours de frappes, Abidi a rappelé que Téhéran reste exposé à d'autres attaques, notamment en raison de son programme nucléaire. Un appel à l'unité et à la défense commune En conclusion, Abidi a dénoncé l'attitude de certains Etats arabes qui continuent à renforcer leurs relations avec Israël, citant la récente rencontre entre l'émir de Bahreïn et l'ambassadeur israélien. Selon lui, cela démontre que « le régime sioniste ne reconnaît ni sanctuaires ni souveraineté ». Il a appelé les pays arabes à réagir collectivement en activant le rôle de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique, et en suspendant toute relation de normalisation avec Israël. Abidi a insisté sur la nécessité d'organiser un sommet arabe exceptionnel pour définir une position commune et mettre en œuvre un système de défense mutuelle face aux menaces régionales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!