La réforme tant attendue est désormais en vigueur. Le décret gouvernemental n° 2021-510 du 18 juin 2021, relatif aux catégories de permis de conduire, à leurs conditions de délivrance, de validité et de renouvellement, est officiellement entré en application. Depuis le 1er septembre, les candidats au permis doivent se conformer à des règles strictes qui redessinent leur relation avec les auto-écoles. Un contrat obligatoire candidat-auto-école L'Agence technique du transport terrestre (ATTT) impose désormais la signature d'un contrat de formation entre le candidat et l'auto-école. Ce document, cosigné et inclus dans le dossier de demande, devient une condition indispensable pour se présenter à l'examen théorique. Toute demande incomplète est automatiquement rejetée. Objectif affiché : instaurer plus de transparence et mettre fin à certaines pratiques douteuses, comme des arrangements financiers garantissant l'obtention du permis sans réelle formation. L'article 23 du décret marque une étape décisive pour organiser le secteur et améliorer la qualité de l'apprentissage. Les auto-écoles tunisiennes, dont le nombre est passé de 5 000 en 2014 à seulement 3 265 aujourd'hui, sont directement concernées. Selon Mohamed Fadhel Baccouche, président de la Chambre syndicale des propriétaires d'auto-écoles, cette baisse s'explique par la diminution du pouvoir d'achat et le recul de la tranche d'âge 18-35 ans, principale cible pour le permis. Le coût du permis : entre 1 500 et 2 500 dinars Le prix du permis reste un défi pour de nombreux Tunisiens. Entre 30 et 60 leçons, le montant global oscille entre 1 500 et 2 500 dinars, avec des séances de code facturées à 15 dinars et de conduite à 28 dinars. La Chambre syndicale plaide pour une hausse du prix de la séance de conduite à 50 dinars, arguant de la nécessité de couvrir les coûts croissants. Mais une telle augmentation risque de rendre le permis encore moins accessible, dans un contexte où le marché automobile souffre déjà de déséquilibres et de pratiques spéculatives. Autre nouveauté, introduite dès mars 2023 : le nouveau format du permis de conduire, conforme aux standards internationaux. Cette modernisation facilite la reconnaissance à l'étranger et ouvre des perspectives professionnelles aux conducteurs tunisiens, notamment ceux travaillant dans le transport et la logistique. Une réforme pour la qualité et la crédibilité Avec ces changements, les autorités entendent assainir un secteur fragilisé par les irrégularités, protéger les droits des candidats et rehausser le niveau de la formation. Le permis ne doit plus être perçu comme un simple document administratif, mais comme une véritable garantie de compétence et de sécurité sur les routes tunisiennes. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!