La précarité... Ce sera un des grands chantiers – avec la réduction de la dette – du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, enfin si le chaos politique ambiant ne l'empêche pas de manœuvrer. Le quotidien des Français s'est durci, avec un niveau de pauvreté ahurissant quand on sait que l'Hexagone est la 7e puissance économique mondiale. D'après un baromètre du Secours populaire français (SPF) publié hier jeudi 11 septembre la précarité est perceptible dans tous les aspects de la vie des Français... Un citoyen sondé sur cinq se dit frappé par la conjoncture, avec des difficultés en fonction des statuts sociaux. «La précarité est toujours plus ancrée en France, elle interfère dans tous les aspects de la vie, que ce soit la santé, les loisirs, la vie familiale», confie Henriette Steinberg, secrétaire générale du Secours populaire. L'enquête publiée par l'association conclut qu'un tiers des Français (31%) font face à des pépins financiers pour se payer une alimentation saine et les trois repas par jour. On a également appris dans la même étude que 39% des Français ont du mal à régler leurs factures d'électricité et 49% à s'offrir des vacances au moins une fois par an... A noter que ce sondage a été réalisé par l'Institut Ipsos, auprès d'un échantillon de 1000 individus, représentatif de la population nationale âgée de 18 ans et plus, d'après la méthode des quotas. Donc le travail est tout ce qu'il y a de plus sérieux. Les gouvernants n'auront pas l'excuse du manque de fiabilité des données. Que ce soit pour des rentrées d'argent insuffisantes, une dépense imprévue, un endettement trop lourd, etc., on retient qu'un Français sur cinq se dit précaire, soit 20% de la population, contre 24% en 2024. Certes il y a un «léger mieux» du fait du «ralentissement de l'inflation», mais ce baromètre exhibe «une situation sociale toujours très préoccupante», alerte le Secours populaire… «La situation en France s'est détériorée» depuis une quinzaine d'années et dernièrement «on observe une stabilisation», précise Henriette Steinberg. La déléguée interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté, Anne Rubinstein, a avoué en début de semaine les «difficultés» de l'Etat pour contenir un taux de pauvreté qui a atteint un niveau record en 2023 en France métropolitaine. La Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) a invité mardi dernier à une «mobilisation collective» pour «débloquer la lutte contre la précarité». Cela se passe dans un pays où les grosses fortunes n'ont jamais été aussi nombreuses. Depuis 2024 le camp présidentiel lambine pour taper dans les poches des ultrariches. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal l'a évoqué mais a tangué… Les successeurs d'Attal, Michel Barnier et François Bayrou, l'ont repris mais avec des pincettes, des atermoiements. Finalement le Sénat, dominé par la droite, a rangé cette taxe dans les tiroirs. Si Barnier et Bayrou ont été déchirés par la rue et l'opposition (l'extrême droite et la gauche) c'est parce qu'ils ont été perçus, à tort ou à raison, comme des partisans de la taxation des plus pauvres, encore eux, alors que les riches passent entre les gouttes... Il se dit que Lecornu est disposé à envisager des tranches d'impôt supplémentaires pour les ultrariches afin de pacifier ses relations avec le Rassemblement national et le Parti socialiste, pour éviter surtout une motion de censure qui lui pend déjà au nez. Et tant pis si ça la taxation des riches fera bondir la droite de Bruno Retailleau. Mais bon, ça c'est le problème des politiciens, pas celui des citoyens lambda. Ce qu'ils veulent ce sont des décisions fortes pour adoucir leur quotidien et vite.
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