Le Sénat des Etats-Unis a validé, lundi 15 septembre, la nomination de Stephen Miran, conseiller économique du président Donald Trump, au sein du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed). Cette décision survient à la veille d'une réunion importante de la banque centrale américaine qui décide régulièrement du niveau des taux directeurs. Le vote serré, 48 voix contre 47, reflète les divisions politiques entourant cette nomination. Un choix au cœur des tensions politiques Stephen Miran, jusqu'à présent président du Comité des conseillers économiques (CEA) de la Maison Blanche, est l'un des principaux architectes de la politique économique de Donald Trump. Sa nomination par le Sénat, contrôlé par la majorité républicaine, a suscité une forte opposition des sénateurs démocrates. Ces derniers craignent que Miran ne perde l'indépendance attendue d'un gouverneur de la Fed, l'accusant de n'être qu'un relais des volontés du président républicain. La Fed, institution clé de la stabilité économique mondiale, est historiquement protégée des pressions politiques directes, ce qui est remis en question par cette entrée. Perspectives et implications Ce mandat à la Fed, qui prendra la place jusqu'alors occupée par Adriana Kugler, démissionnaire surprise, intervient dans un contexte sensible. Donald Trump multiplie depuis plusieurs mois ses injonctions à faire baisser les taux d'intérêt dans un contexte économique incertain. Stephen Miran a défendu lors de son audition des positions divergentes de l'économie dominante, notamment en affirmant qu'il n'existait pas d'impact mesurable des tarifs douaniers instaurés par l'administration sur l'inflation. Sa présence à la Fed pourrait accentuer les pressions pour une politique monétaire plus accommodante, en rupture avec la prudence affichée jusque-là. Un profil atypique Docteur en économie de Harvard, Stephen Miran possède une expérience mixte dans le secteur privé et public, ayant travaillé notamment pour des sociétés d'investissement et au ministère des Finances. Sa nomination représente un alignement net avec la vision de Donald Trump, qui cherche à asseoir son influence sur les leviers majeurs de la politique économique américaine. Ce poste de gouverneur, d'une durée couvrant jusqu'au 31 janvier 2026, souligne également la volonté politique d'inscrire durablement ses orientations au sein de la Fed, une institution pourtant conçue pour fonctionner en toute autonomie. L'arrivée de Stephen Miran au sein de la Fed marque donc un épisode marquant dans la relation entre pouvoir exécutif et banque centrale aux Etats-Unis. Cette décision traduit les enjeux politiques et économiques actuels et pourrait influencer de manière significative le futur de la politique monétaire américaine, alors que les marchés scrutent avec attention la réunion imminente de la banque centrale américaine. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!