Face au risque d'un conflit de haute intensité entre l'OTAN et la Russie, la Bundeswehr affine son dispositif médical de crise. Selon la planification en cours, l'armée allemande se prépare à pouvoir prendre en charge jusqu'à 1 000 militaires blessés par jour si un affrontement majeur devait survenir. Il s'agit d'un scénario de préparation, et non d'une prédiction de guerre, mais il s'appuie sur les mises en garde répétées de l'Alliance atlantique estimant que Moscou pourrait être en mesure de lancer une attaque à partir de 2029. Un pont sanitaire dimensionné pour la haute intensité Au cœur du dispositif figure un réseau d'évacuation et de soins conçu pour absorber un afflux quotidien de 1 000 blessés. La feuille de route prévoit : * la mobilisation d'hôpitaux civils à l'échelle du pays, avec environ 15 000 lits potentiellement disponibles pour les militaires en cas d'urgence ; * des chaînes d'évacuation flexibles combinant trains, bus et ponts aériens, afin de transférer rapidement les blessés des zones d'embarquement vers les centres hospitaliers les mieux dotés ; * le renforcement du service de santé des armées et la montée en puissance des capacités de triage, de chirurgie de damage control et de réanimation, du rôle 1 (stabilisation au plus près du terrain) au rôle 4 (soins lourds). La préparation allemande touche autant la logistique que la gouvernance : protocoles de répartition des blessés entre Länder, mutualisation des plateaux techniques civils et militaires, et sécurisation des chaînes d'approvisionnement critiques (médicaments, sang, dispositifs médicaux, consommables). Des exercices sont programmés pour tester la résilience des transports sanitaires et les capacités d'absorption des établissements. Un signal stratégique, pas une fatalité Ce cadrage répond à une logique de dissuasion par la préparation : rendre crédible la capacité allemande à soutenir un effort prolongé, tout en protégeant ses forces. Il ne s'agit pas d'annoncer un engagement, mais de réduire la vulnérabilité face à un scénario jugé désormais plausible dans les états-majors occidentaux. Ces dernières semaines, un nombre croissant de pays européens, épaulés par l'OTAN, intensifient leurs préparatifs face à l'éventualité d'un conflit hybride avec la Russie, mêlant opérations militaires classiques, cyberattaques et campagnes de désinformation. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!