Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, ce jeudi, Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans l'affaire des présumés financements libyens de sa campagne présidentielle de 2007. La juridiction a assorti la peine d'un mandat de dépôt à effet différé. L'ancien chef de l'Etat a en revanche été relaxé des faits de corruption, la présidente du tribunal Nathalie Gavarino estimant que « les éléments matériels de l'infraction de corruption ne sont pas constitués » et que la procédure n'a pas permis de démontrer que des fonds partis de Libye ont, in fine, financé la campagne de 2007. La décision, tombée peu après midi, marque l'aboutissement d'une enquête tentaculaire ouverte depuis plus d'une décennie. Elle intervient dans un contexte assombri par la mort, mardi, de Ziad Takieddine, homme d'affaires franco-libanais, 75 ans, personnage clé du dossier et prévenu dans la procédure. Les autres condamnations prononcées Dans la foulée du verdict visant l'ex-président (annoncé vers 13 h 04), le tribunal a rendu plusieurs peines à l'encontre de co-prévenus : * Alexandre Djouhri : 6 ans de prison avec mandat de dépôt (annoncé à 13 h 00). * Wahib Nacer (banquier) : 4 ans de prison et 2 millions d'euros d'amende (12 h 57). * Khaled Bughsan : 3 ans de prison et 4 millions d'euros d'amende (12 h 56). * Béchir Saleh (ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi) : 5 ans de prison et 4 millions d'euros d'amende. Au cœur de la motivation, la formation de jugement souligne un réseau d'acteurs et des flux financiers jugés illicites, justifiant la condamnation pour association de malfaiteurs. Mais elle précise n'avoir pas pu établir la traçabilité des fonds jusqu'au financement occulte de la campagne 2007, d'où la relaxe sur la corruption. À 12 h 20, la présidente a résumé la position du tribunal : pas de démonstration que l'argent libyen a abouti à la campagne, malgré l'existence de moyens clandestins et d'intermédiaires. Portée et suites possibles Ce verdict, particulièrement lourd sur le plan pénal, ajoute un chapitre majeur au contentieux judiciaire entourant Nicolas Sarkozy et ses proches, tout en laissant ouvertes les voies de recours. Sur le terrain politique, les premières réactions n'ont pas tardé : à 12 h 16, le député François Ruffin a ironisé sur la « France des honnêtes gens » défendue par la droite, signe que l'arrêt nourrit déjà un débat public vif et polarisé. Quelles que soient les évolutions procédurales à venir, le procès de l'affaire libyenne s'impose comme l'un des dossiers les plus sensibles de la Ve République, à la croisée de la probité de la vie publique, du financement politique et des relations internationales nouées au tournant des années 2000. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!