Le voyage du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou vers New York, où il doit prendre la parole devant l'Assemblée générale des Nations unies, a pris une tournure inhabituelle jeudi. Bien que la France ait autorisé l'utilisation de son espace aérien, l'avion du chef du gouvernement israélien a choisi un trajet alternatif, contournant non seulement l'Hexagone mais aussi plusieurs pays d'Europe centrale et du Nord. Selon les données de suivi aérien, l'appareil a survolé la Grèce et l'Italie, avant de descendre vers le sud par le détroit de Gibraltar, pour ensuite traverser l'Atlantique. Cette trajectoire intrigue les observateurs et alimente les spéculations. La crainte d'un mandat d'arrêt de la CPI ? D'après certains médias israéliens, ce détour visait à éviter les pays signataires du Statut de Rome, qui pourraient appliquer un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) en cas d'atterrissage imprévu. En novembre 2024, la CPI a en effet émis des mandats d'arrêt contre Benyamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza. Cette hypothèse prend d'autant plus de poids que plusieurs pays européens, dont l'Espagne, ont récemment réaffirmé leur soutien à l'enquête de la CPI. Madrid a même annoncé la création d'une équipe dédiée à l'examen des violations présumées des droits humains à Gaza, dans le cadre de sa pression accrue sur Israël. Un contexte diplomatique tendu La visite de Netanyahou intervient dans un climat de forte tension internationale. Alors que le génocide en cours à Gaza continue de provoquer des condamnations, la question des mandats de la CPI plane comme une menace diplomatique permanente. Officiellement, Tel-Aviv conteste la compétence de la Cour, mais le risque juridique demeure, surtout en cas de déplacements à l'étranger. Le premier ministre israélien doit prononcer un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU ce vendredi. Il est également attendu à la Maison Blanche pour une rencontre avec le président américain Donald Trump au début de la semaine prochaine. Ce détour aérien, hautement symbolique, illustre la fragilité de la position internationale d'Israël et la pression croissante qui s'exerce sur ses dirigeants. Plus que jamais, chaque mouvement de Netanyahou dans l'espace diplomatique mondial est scruté, pesé et interprété à l'aune des tensions juridiques et politiques qui entourent son gouvernement. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!