À 00 h 01 (ET) le 1er octobre 2025, le gouvernement fédéral américain a entamé sa première fermeture depuis 2018-2019. Faute d'accord budgétaire au Congrès pour financer l'exercice 2026, les agences ont activé leurs plans de contingence et opéré un arrêt partiel de leurs activités dites « non essentielles ». Le cœur du bras de fer porte sur les lois d'appropriations (crédits annuels). Sans texte voté avant l'échéance du 30 septembre, l'Antideficiency Act interdit toute dépense non autorisée : les agences doivent alors basculer en mode dégradé, ne maintenant que les missions de sécurité nationale, protection des biens et des personnes, continuité vitale de l'Etat. Le Département d'Etat comme l'ensemble des administrations ont publié leurs consignes internes (qui travaille, quoi suspendre, quelles communications sont « essentielles »). Les chiffres importants – Ampleur du gel : certaines autorités de marché tournent au ralenti. La SEC met plus de 90 % de ses effectifs en congé forcé, la CFTC n'opère qu'avec 5,7 % de son personnel. Conséquence : retards attendus pour les introductions en Bourse et les nouveaux ETF crypto. – Justice fédérale : les tribunaux resteront ouverts jusqu'au 17 octobre 2025 grâce à des fonds hors crédits ; au-delà, des coupes « activités exceptées » seraient appliquées. – Fonction publique : les plans de l'exécutif projettent qu'environ 23 % des agents fédéraux seraient placés en furlough (congé sans solde), avec des disparités marquées selon les ministères ; au Pentagone, près de la moitié des civils pourraient être touchés. – Culture & musées : le Smithsonian (musées + National Zoo) reste ouvert au moins jusqu'au 6 octobre grâce à des reliquats, avant réévaluation. Les conséquences visibles, dès les premières 48 heures 1- Marchés, finance et données économiques Avec une SEC quasi à l'arrêt, les processus d'enregistrement et de contrôle sont ralentis, ce qui pèse sur les IPO et certains produits d'investissement. Les marchés ont intégré une hausse de volatilité liée au risque de retard des statistiques macro officielles. 2- Parcs nationaux, musées et tourisme Les parcs nationaux restent « généralement » ouverts (routes, sentiers) mais centres d'accueil, toilettes et pavillons ferment faute d'effectifs ; l'emblématique Liberty Bell à Philadelphie a fermé ses portes. Des Etats envisagent de financer temporairement certains sites, comme lors de précédents arrêts. Côté musées, le Smithsonian amortit le choc sur quelques jours, mais la situation sera réexaminée si le shutdown s'éternise. 3- Diplomatie, visas et réseaux sociaux Les ambassades américaines préviennent que leurs comptes sociaux seront peu ou pas mis à jour pendant l'« lapse in appropriations », tout en maintenant les alertes de sécurité. Les services visas/passeports se poursuivent en grande partie car financés par des redevances, avec une communication minimale. 4- Immigration et emploi Le système E-Verify (vérification d'éligibilité à l'emploi) est suspendu, obligeant les employeurs à s'organiser avec des délais assouplis et à tenir une documentation de secours jusqu'à la remise en ligne du service. 5- Défense et sécurité Au Département de la Défense, les activités essentielles sont maintenues, mais une large part des civils est mise en congé ; les bases et services de soutien non critiques tournent au minimum. Ce que cela signifie pour l'économie réelle Un arrêt court a un coût limité mais réel : dépenses touristiques perdues autour des parcs et musées, retards administratifs (permis, inspections, subventions), frictions pour les entreprises (immigration de travail, conformité boursière). Un blocage prolongé, lui, altère la crédibilité budgétaire et durcit les conditions financières, via l'incertitude sur les données et la supervision. Les précédents shutdowns ont montré que certaines pertes ne sont jamais rattrapées. La suite : trois scénarios Trois scénarios se dessinent pour la suite du shutdown américain. Dans l'hypothèse la plus favorable, un accord rapide sur une résolution provisoire permettrait un retour progressif à la normale et un rattrapage administratif. Si le blocage devait au contraire se prolonger durant plusieurs semaines, les retards s'accumuleraient, la pression s'intensifierait sur la culture, le tourisme et les petites entreprises, et l'administration connaîtrait une véritable surcharge au moment de la réouverture. Enfin, le scénario le plus dur verrait les institutions contraintes à des réallocations internes et à des arbitrages plus sévères, avec des répercussions tangibles sur la croissance et un impact négatif sur le sentiment des ménages. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!