La Syrie s'apprête à vivre une séquence historique avec la candidature d'Henry Hamra, un Syrien-Américain de 47 ans et fils du dernier rabbin ayant quitté le pays dans les années 1990. Hamra devient ainsi le premier membre de la communauté juive à se présenter aux élections du Conseil du peuple syrien depuis 1947. Un retour symbolique et inédit Henry Hamra a récemment marqué l'actualité en visitant Damas en février dernier, accompagné de son père, dans ce qui constituait la première visite publique de Juifs syriens depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. Son père, à l'époque de Hafez al-Assad, avait connu les restrictions sévères imposées aux Juifs de Syrie, notamment sur leurs déplacements et voyages. Ce vendredi, des affiches électorales à son effigie ont été vues dans la Hara al-Yahoud (quartier juif de Damas), portant la mention : « Candidat de Damas pour le Conseil du peuple syrien ». Le porte-parole de la commission électorale, Nawar Najmeh, a confirmé que Hamra est officiellement candidat et a présenté un programme électoral « comme tout autre postulant ». Son nom figure parmi 1 578 candidats en lice, dont 14 % de femmes, pour les 210 sièges du Conseil. Selon le dispositif constitutionnel, le président syrien Ahmed Charra nommera un tiers des députés, tandis que les deux tiers restants seront élus par les assemblées régionales. Sur son compte fraîchement créé sur la plateforme X, Hamra a diffusé une vidéo où il affirme vouloir bâtir une « Syrie prospère, tolérante et juste ». Il s'engage à rapprocher les Juifs syriens de l'intérieur et de la diaspora avec leur pays d'origine, à protéger le patrimoine et l'identité culturelle — y compris le patrimoine juif — et à participer activement aux efforts de reconstruction nationale. Une première depuis 1947 Le dernier député juif élu au parlement syrien remonte à 1947, souligne l'historien Sami Moubayed. Pour Bachour Shmantoub, actuel responsable de la communauté juive en Syrie, « le retour de représentants juifs au Conseil du peuple est un signe positif, surtout dans le contexte de la nouvelle phase politique du pays ». La communauté juive syrienne, longtemps intégrée au tissu social national et libre de pratiquer ses rites, a vu ses effectifs chuter drastiquement après les guerres israélo-arabes, particulièrement après 1967. Des milliers ont émigré, ne laissant aujourd'hui que quelques familles encore présentes à Damas et Alep. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!